« Les vols en avion non justifiés doivent être supprimés »

Economie

Pour lutter efficacement contre les gaz à effet de serre, Julien Goguel, auteur d’un manifeste appelant à boycotter l’avion, explique, dans une tribune au « Monde », que la transition écologique ne pourra se faire sans une amputation énergétique.

Tribune. Dans une tribune publiée sur le site du Monde, samedi 13 avril, Jean-François Rial propose une alternative à la diminution du trafic aérien pour lutter contre le réchauffement climatique. Il propose de planter 1 200 milliards d’arbres.

Au-delà du fait que cela suppose qu’en plantant 1 million d’arbres chaque jour il faudrait plus de trente-cinq siècles pour y parvenir, cette idée baroque prouve que le chemin est encore long pour conduire certains de ceux qui se définissent comme écologistes à revoir complètement leur manière d’envisager la crise environnementale et ses conséquences.

Pour Jean-François Rial, une « compensation planète » pourrait financer une industrie de l’absorption. Or aucun artifice financier, quel que soit son nom, ne pourra rivaliser d’efficacité avec l’arrêt pur et simple d’une émission de carbone. Comme le demandait un collégien au président de la République Emmanuel Macron en mars, peut-on acheter une deuxième planète avec de l’argent ?

En signant l’accord de Paris en 2015, la France s’engageait à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 % à l’horizon 2030 par rapport à celles de 1990. Non seulement cet objectif ne sera pas atteint, mais nos émissions de GES continuent d’augmenter.

Poison

Les décideurs politiques, trop absorbés par la gestion des crises du quotidien, se montrent incapables de prendre des mesures susceptibles de nous éviter le chaos climatique et ses conséquences funestes. La préoccupation écologique est présente dans les discours sur l’ensemble de l’échiquier politique, mais le constat est sans appel : cela ne suffit pas et nous courrons à la catastrophe.

Nous savons que le CO2 présent dans l’atmosphère est notre poison, et nous n’arrivons pas à en limiter les émissions. Sommes-nous fous, aveugles, ou idiots ? Certains attendent des scientifiques qu’ils trouvent des solutions, et ne les écoutent pas nous enjoindre de prendre des mesures drastiques pour modifier nos comportements. L’incohérence et l’inaction d’aujourd’hui nous désignent déjà comme les responsables des drames et des morts à venir.

Si les mots ont du sens, il est urgent de réajuster notre vocabulaire face à l’impératif climatique. Parler de transition écologique, c’est entretenir l’illusion que notre monde peut rester le même, que notre modèle de société est compatible avec la préservation du climat, et donc avec la protection du vivant dont nous faisons partie. Le mot « transition » semble concerner les moyens seuls, les objectifs restant épargnés : objectifs de croissance pour soutenir l’emploi, objectif de consommation pour doper la croissance… Etre plus vertueux, en somme, mais rester les mêmes.


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