Comment des adolescentes ont retouché leurs portraits pour Internet

High Tech

Le photographe anglais Rankin a demandé à des jeunes femmes de retoucher leurs portraits pour qu'ils soient adaptés à un partage sur les réseaux sociaux.

Les jeunes femmes âgées de 13 à 19 ans avaient alors seulement quelques minutes et un large choix d'applications que l'on trouve à foison dans les boutiques dématérialisées de nos téléphones intelligents. La peau est lissée et les tons plus lumineux, le contraste est accentué. Mais ce n'est pas tout et les effets qui font perdre la réalité de vue apparaissent. La taille du nez est réduite, les lèvres deviennent plus pulpeuses, quand ce n'est pas la morphologie complète du visage qui est altérée.
 
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© Rankin.

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© Rankin.
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© Rankin.

Des troubles du comportement en conséquence

Rankin explique que le mimétisme est prépondérant et que les célébrités sont des modèles pour beaucoup. La course aux “likes” induit des dérives dangereuses qui sont loin de rester cantonnées à un univers numérique ou virtuel. La FoMO, acronyme anglais pour Fear of Missing Out, désigne une anxiété sociale dont la source se trouve dans la peur constante de manquer une nouvelle importante, et accentuant ainsi le besoin d'être constamment connecté. Le photographe cite également la dysmorphie corporelle qui est alimentée par des apps qui “embellissent”, ou plutôt déforment nos portraits. Un défaut physique, réel ou imaginaire, devient alors une obsession dont il est difficile de se séparer.

“Il est temps de se rendre compte des dégâts que peuvent occasionner les réseaux sociaux sur l'estime de soi”, clame Rankin. Il ajoute que les modèles qui se sont prêtés à l'expérience préfèrent leur portrait non retouché, malgré le traitement qu'elles y ont appliqué. Mais le résultat provient directement de la tendance et des partages pratiqués par les autres personnes de leur âge sur les réseaux sociaux. Le cercle vicieux est dès lors fermé. L'artiste photographe regrette l'absence de débat sur ces sujets qui sont pourtant au cœur des usages des adolescents, alors même que les dangers sont bien réels.

Rankin indique avoir créé cette série photographique afin de prendre part au mouvement qui lutte contre les méfaits de ces pratiques. Il souhaite ainsi provoquer une prise de conscience sur les problèmes psychologiques que font naître les nouveaux usages que permettent les nouvelles technologies.

Le site Internet de Rankin
Le Facebook de Rankin

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