Amélie de Montchalin, une libérale convaincue au secrétariat d’Etat aux affaires européennes

Politique

La députée de l’Essonne s’est imposée comme un personnage incontournable et respecté dans la majorité. Elle est nommée secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, après le départ de Nathalie Loiseau.

De tous les néo-députés de La République en marche (LRM) élus en juin 2017, elle est probablement celle dont l’ascension gouvernementale était la plus attendue. A 33 ans, Amélie de Montchalin, députée La République en marche de l’Essonne,devient secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargée des affaires européennes. Une ascension qui lui était promise dès les premiers remaniements tant elle s’était imposée comme l’une des figures incontournables et emblématiques de la macronie.

Dans la majorité, cette économiste, ancienne responsable de la prospective chez Axa, avait d’abord pris en main l’examen du budget. Souvent promise à un poste à Bercy, c’est finalement au Quai d’Orsay que cette diplômée de HEC et de Harvard vivra ses premiers pas au gouvernement. C’est une surprise : la semaine dernière, Clément Beaune, le conseiller Europe de l’Elysée était pressenti pour occuper le poste laissé vacant par Nathalie Loiseau partie pour être candidate aux élections européennes. Amélie de Montchalin s’est déjà occupée d’Europe, comme jeune économiste chez Exane BNP Paribas, au cœur de la crise de la zone euro entre 2009 et 2012. Elle écope d’une tache ardue, à quelques mois des élections européennes et en plein Brexit.

A l’Assemblée, la députée, qui n’avait jamais exercé de mandat politique avant d’être élue dans l’Essonne, s’est fondue dans son rôle, apparaissant comme une figure à la fois « techno », fine connaisseuse des enjeux économiques, mais aussi une personnalité autoritaire, « un peu maîtresse d’école » selon l’un de ses proches collègues. Sur le fond, cette libérale convaincue plaide pour une forme de « pragmatisme » et pour une « efficacité de la dépense publique », n’aimant guère les décisions symboliques destinées à envoyer des signaux politiques. Elle a aussi été de ceux qui ont poussé pour que l’Assemblée renforce son ambition en matière d’évaluation des politiques publiques.

Bon soldat de l’exécutif

En un an, Amélie de Montchalin n’a cessé de prendre de l’ampleur médiatique, calmant peu à peu son débit mitraillette. Bon soldat de l’exécutif et en particulier de Bercy et issue des rangs de la droite, son profil apparaît trop clivant pour certains de ses collègues venus de la gauche. En septembre 2018, elle brigue le poste de présidente de groupe, échoue, mais devient la première vice-présidente du groupe conduit par Gilles Le Gendre.

Comme beaucoup d’élus LRM, cette mère de trois jeunes enfants est venue progressivement à la politique.Elève à HEC, elle décide de faire son premier stage auprès de la députée de la circonscription de la prestigieuse école de commerce : Valérie Pécresse.En février 2007, la stagiaire est embarquée dans la campagne des législatives et accompagne Mme Pécresse au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, en pleine réforme sur l’autonomie des universités.

Après trois ans chez Exane-BNP Paribas, elle prend la direction des Etats-Unis et de l’université de Harvard, où elle participe au programme « Femmes en politique » dans le cadre d’un master en administration des politiques publiques. A partir de 2014, Amélie de Montchalin prend part au think tank de droite La Boîte à idées, dont l’un des acteurs principaux est Maël de Calan, ancien candidat à la présidence du parti Les Républicains. En 2016, elle participe également à la conception du programme économique d’Alain Juppé. Avant de se tourner, après la défaite de ce dernier à la primaire de la droite, vers Emmanuel Macron.


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