Réforme des retraites : la CFDT fait grise mine

Politique

Le syndicat dirigé par Laurent Berger n’a pas obtenu satisfaction sur nombre de ses revendications comme le retrait de l’âge pivot qu’il dénonce depuis des mois.

L’exécutif a-t-il cherché à « cornériser » la CFDT sur la réforme des retraites ? C’est le drôle de sentiment qui régnait, ces derniers jours, dans les couloirs du premier syndicat de France. « Ce ne sont pas des poètes, s’ils pensent qu’ils peuvent se passer de nous, ils ne s’embêteront pas, explique-t-on à la confédération cédétiste, boulevard de la Villette, à Paris. Et s’ils veulent nous mettre dans le corner, on en sortira. »

Avant les vacances de Noël, la CFDT faisait grise mine. La centrale de Belleville n’a pas obtenu satisfaction sur nombre de ses revendications. A commencer par le retrait de l’âge pivot, également appelé âge d’équilibre, qu’elle dénonce depuis des mois.

« Il n’y a pas de compromis possible sur la base de discussions que le gouvernement a choisi », redit-on dans l’entourage du secrétaire général Laurent Berger. Celui-ci donne désormais rendez-vous à la rentrée. S’il n’appelle pas à s’associer à la journée d’action du 9 janvier organisée entre autres par la CGT et Force ouvrière (FO), il n’est pas question de rester sans rien faire. Il s’agira d’« aller interpeller des parlementaires dès la première semaine de janvier » mais aussi de « proposer aux citoyens de se mobiliser, pourquoi pas un samedi » de manière « festive », a détaillé, le numéro un cédétiste, le 20 décembre sur France Inter. Avec en ligne de mire : la présentation, le 22 janvier, du projet de loi en conseil des ministres.

Basculement dans le camp des contestataires

Favorable depuis plus de dix ans à l’idée d’une réforme universelle des retraites, la CFDT a pourtant basculé dans le camp des contestataires. En cause : le mécanisme de l’âge pivot, assorti d’un malus et d’un bonus, que le gouvernement souhaite mettre en place. Il est, selon M. Berger, profondément injuste, notamment pour les actifs qui ont commencé à travailler jeunes. Et plus encore pour ceux « dans la métallurgie, dans le bâtiment et les travaux publics, dans l’agroalimentaire » qui « en 2022 auront tous leurs trimestres, tout comme il faut » mais « qui seront obligés de travailler en 2022 quatre mois de plus, en 2023 huit mois de plus, en 2024 un an de plus ». Prévu pour atteindre 64 ans en 2027, le but de ce mécanisme est de remettre les comptes dans le vert.

Pour M. Berger, ce dispositif est « une verrue » qu’il faut retirer au plus vite. Cela fait des mois qu’il répète que sa confédération n’en veut pas et qu’elle mobilisera contre s’il était retenu. Mais rien n’y a fait. Même pas un ultime coup de téléphone entre le président de la République Emmanuel Macron et le leader cédétiste, le week-end du 7 décembre.


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