Test : Dragon Quest XI, le J-RPG qui se moque des modes et des tendances

High Tech
Loin des dérives du marché à base de loot-boxes, loin des battle royale et encore plus loin des gimmicks en réalité virtuelle, la série Dragon Quest campe sur ses positions depuis plus de 30 ans. Ce 11e épisode canonique est plus que jamais là pour nous le rappeler.

CARACTÉRISTIQUES

  • Support : PC, PS4
  • Editeur : Square Enix
  • Développeur : Level-5
  • PEGI : 12
Lancée en 1986 au Japon, Dragon Quest est la série qui a donné ses lettres de noblesse au RPG nippon. Elle est très rapidement devenue un véritable phénomène local, à tel point qu'Enix, son éditeur de l'époque, évitait de sortir son jeu durant un jour travaillé, pour limiter l'absentéisme à l'école. Pendant des années, la saga a fait figure d'éternelle rivale de Final Fantasy (dont le 1er épisode est arrivé 1 an plus tard), mais les deux séries sont rapidement parties dans des directions très différentes. En effet, alors que la seconde essaie de se renouveler à chaque épisode, pour le meilleur et pour le pire, Dragon Quest est toujours resté fidèle à lui-même, se contentant surtout d'améliorations techniques liées à son support. Alors certes, il y a eu des dérives vers le online avec Dragon Quest X, et dans une moindre mesure Dragon Quest IX, mais le fond du jeu a finalement peu évolué après 30 ans. Est-ce un mal ? Pas nécessairement, à partir du moment où la partition est bien exécutée. Dragon Quest est ainsi un peu à l'image de ses groupes de rock vieillissants, mais attachants, qui enchaînent les mêmes accords depuis 30 ou 40 ans, mais avec une énergie et une hargne communicative. Dragon Quest, c'est donc un peu le AC/DC du JRPG, en somme.
 
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Mais du coup, quelle serait la motivation pour le joueur à dépenser plusieurs dizaines d'euros pour ce 11e épisode ? À cette question, deux types de réponses : soit vous ne connaissez pas la série et Dragon Quest XI peut-être une très bonne porte d'entrée, à condition d'accepter son côté "à l'ancienne". Soit vous êtes un habitué et vous allez vous retrouver en terrain connu, mais également particulièrement confortable. Sans être une suite de Dragon Quest VIII (chaque épisode est scénaristiquement indépendant), DQ XI reprend pas mal de grands principes de ce dernier, à commencer par son monde ouvert, ou plutôt l'illusion de son monde ouvert. Si vous avez regardé quelques bandes-annonces avant de lire ce texte, vous pensez peut-être avoir affaire à un jeu en monde ouvert, façon The Witcher III ou Breath of the Wild. Mais que nenni : ici, le jeu est séparé en zones plus ou moins grandes, reliées entre elles par un temps de chargement. Murs invisibles et limitations sont légion et l'exploration de ces zones n'est finalement pas très intéressante. Nous avons donc affaire ici au même modèle que DQ VIII, avec toutefois des étendues plus vastes et, surtout, bien plus belles et détaillées.
 
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Loin d'être un claque technique pour autant, DQ XI est cependant bourré de charme, coloré à souhait et mignon tout plein. Le titre utilise ainsi l'Unreal Engine 4 et délivre une belle variété dans ses environnements. De villes majestueuses en villages pittoresques, d'étendues désertiques en océan ensoleillé, l'invitation au voyage est indéniable. Pour peu que l'on adhère à son style visuel, le jeu exerce donc un pouvoir d'attraction certain et les heures devant l'écran s'enchaînent, d'autant plus que le scénario est bien rythmé et l'écriture particulièrement soignée. Mais attention, là encore, nous sommes loin de la mode actuelle au "sombre", aux intrigues torturées et aux personnages complexes. D'apparence très simple, l'intrigue de DQ XI s'enrichit cependant au fil des heures et nous fait surtout croiser une galerie de personnages ultra attachants. Naviguant souvent entre l'humour et l'émotion, les séquences cinématiques (doublées en anglais) sont un plaisir à suivre.
 
Test Dragon Quest XI - 3.jpgLe jeu introduit un système de craft très bien pensé, qui permet de se fabriquer armes et armures.

Classique, même pour un Dragon Quest

Du côté des mécaniques de jeu, le titre fait peu de concessions, mais sait se montrer moderne quand il le faut. Les ennemis sont ainsi visibles sur le terrain et les combats peuvent donc être évités. La carte du monde est très lisible et le journal des quêtes indique toujours l'objectif en cours (oui, ça n'était pas forcément le cas dans les précédents épisodes). La progression des personnages se veut quant à elle très classique (les combats apportent de l'expérience, qui fait elle-même gagner des niveaux), mais le titre ajoute un système de "damier" qui permet de répartir des points de compétences dans différents attributs et pouvoirs. Un système que l'on retrouvait par exemple dans Final Fantasy XII et qui offre une grande souplesse dans la façon dont on peut faire évoluer ses héros.
 
Test Dragon Quest XI - 4.jpgLe "damier" permet de dépenser des points de compétences dans divers améliorations et pouvoirs.
 
Le système de combats en lui-même reste en revanche extrêmement classique, puisque nous avons affaire à un bon vieux tour par tour. Pour donner plus de dynamisme, le titre permet tout de même de déplacer à la fois la caméra et les personnages sur le champ de bataille, mais l'on comprend vite que leur position sur le terrain n'a aucune incidence sur le déroulé des combats. Au bout de quelques heures, on finit donc par activer la caméra automatique dans les options, voire mettre en place des scripts qui permettent d'automatiser les affrontements. Le titre s'avère par ailleurs assez facile et, en dehors des boss parfois coriaces, les affrontements ne vous poseront que peu de problèmes.
 
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Dans le fond, Dragon Quest XI s'avère donc un épisode particulièrement sage, qui se repose sur beaucoup de ses acquis. Même pour la série, le titre reste peu innovant, d'autant plus que certains épisodes précédents (le 9, notamment) prenaient plus de risques. Sans parler de Dragon Quest Builders, qui mélangeait quant à lui assez brillamment RPG et jeu de construction à la Minecraft. Mais son classicisme est aussi ce qui fait une partie de sa force, car le titre est finalement très agréable à parcourir. Avec ses petites saynètes souvent drôles et touchantes, ses personnages hauts en couleur, ses décors détaillés et ce souffle épique qui s'en dégage, le dernier RPG de Square-Enix reste une valeur sûre pour tous ceux qui sont prêts à accepter certaines mécaniques aujourd'hui dépassées.

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