Réforme des retraites : le gouvernement va-t-il reculer en évoquant la « clause du grand-père » ?

Politique

Pour éviter un blocage du pays, l’éxécutif pourrait apporter des aménagements à sa réforme qui fusionnera les 42 régimes existants.

Plus les jours passent, plus la pression monte. Au gouvernement, plus personne ne se fait d’illusions : le 5 décembre sera bien une journéenoire. La CGT, FO, la FSU et Solidaires appellent à une mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites quand plusieurs syndicats de la RATP, SNCF et des transporteurs routiers ont, eux, annoncé une « grève illimitée » à partir de cette date. Lors de leur « assemblée des assemblées », dimanche 3 novembre à Montpellier, des « gilets jaunes » ont également décidé, à une écrasante majorité, de rejoindre ce mouvement.

Pour l’exécutif, le temps presse. Il faut à tout prix tenter d’éteindre ces départs de feux avant que l’incendie ne se propage. L’exercice est délicat dans un contexte social qui reste très tendu, que ce soit dans les hôpitaux, chez les policiers ou les pompiers. Le 28 octobre sur RTL, Emmanuel Macron a cherché à apaiser les craintes. S’il a affiché sa ferme volonté de mener à bien ce chantier qui vise à fusionner les 42 régimes existants en un système universel par points, il a également laissé entendre que des aménagements pourraient y être apportés.

Et d’évoquer une possible « clause du grand-père », un mécanisme qui impliquerait queseuls les nouveaux embauchés ne soient concernés par la réforme, soit uniquement dans certains régimes, soit de façon plus globale. Ces schémas étaient mentionnés dans le rapport que Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire en charge du dossier, a remis en juillet, mais ce dernier s’attardait, lui, sur un basculement en 2025 avec des temps de transition certes différents selon les situations mais pas aussi longs.

Déminer d’ici au 5 décembre

Au sommet de l’Etat, le but est désormais de déminer d’ici au 5 décembre afin d’éviter un blocage du pays qui se prolongerait. Notamment à la SNCF, où la « cocotte-minute » sociale est en train de déborder après la réforme ferroviaire de 2018. A deux reprises, des arrêts de travail, pour d’autres motifs que celui des retraites, ont fortement perturbé le trafic ferroviaire pendant les vacances de la Toussaint et ont sonné comme de sérieux avertissements.


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