Obligées de s’inscrire sur Internet, des assistantes maternelles en grève

Economie

L’objet de la colère des « nounous » est un article du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, qui vise à améliorer, pour les parents, l’accès aux places de garde disponibles.

Elles protestent contre une réforme qui s’apparente à leurs yeux à du « flicage ». Les quelque 318 000 « nounous » de France sont appelées à faire grève, mardi 19 novembre, pour protester contre une réforme qui les oblige désormais à se référencer sur le site de la Caisse d’allocations familiales.

« Le gouvernement a fait le choix d’une méthode coercitive qui, sous prétexte de faciliter la mise en relation avec des parents employeurs, consiste en réalité en un véritable flicage » de l’activité des assistants maternels, ont dénoncé vendredi dans un communiqué le collectif des Assistants maternels en colère-« gilets roses » et les fédérations CGT et FO.

L’objet de leur colère est un article du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, qui vise à améliorer, pour les parents, l’accès aux places de garde disponibles. Pour ce faire, les assistants maternels devront désormais se référencer sur le site monenfant.fr, et y actualiser régulièrement leurs disponibilités, sous peine de perdre leur agrément.

« Nivellement par le bas » des rémunérations

« Il faudrait que cela soit facultatif », a déclaré Emilie Ferbos, l’une des porte-parole du collectif. Selon elle, beaucoup d’assistantes maternelles sont réticentes à publier leurs coordonnées complètes, et notamment leur adresse, sur un site Web accessible à tous – par crainte notamment de subir du démarchage commercial intempestif. En outre, les assistantes maternelles devront désormais donner leurs tarifs, ce qui va entraîner selon Mme Ferbos une « concurrence » et un « nivellement par le bas » des rémunérations.

« Désormais, tout notre profil sera public. N’importe qui y aura accès. Cela pose quand même plusieurs questions. Déjà en termes de protection des données personnelles, c’est contraire à ce qu’on entend tous les jours. Il y a aussi la question de la sécurité : avec cette obligation de transparence, tout le monde saura quand vous êtes à la maison avec des enfants, quand vous y êtes sans… N’oubliez pas qu’on travaille chez nous, ce qui nous rend déjà plus vulnérables », déplore Laurence Joly, l’une des fondatrices du collectif des Assistants maternels en colère-« gilets roses » dans un entretien à Franceinfo.

Chaque « nounou » qui souhaiterait se joindre à ce mouvement de protestation pourra opter pour une grève totale, ou éventuellement pour un « service minimal » afin de ne pas trop pénaliser les familles, a encore précisé la porte-parole.

Au début de l’année, les assistantes maternelles s’étaient déjà mobilisées contre un projet de réforme de l’assurance-chômage qui leur aurait fait perdre leur système spécifique d’indemnisation – réforme qui a finalement été abandonnée.


Lire la suite : Obligées de s’inscrire sur Internet, des assistantes maternelles en grève


Articles en Relation

La grève impacte sérieusement les salles parisiennes de spectacle Depuis le 5 décembre, onze représentations ont été annulées dans les deux salles de l’Opéra de Paris. Les recettes des théâtres parisiens chutent. S...
Budget des ménages : ce qui change le 1er janvier 2020 Impôts, santé, travail, immobilier, aides sociales : qui dit nouvelle année dit nouvelles règles ! Mais également prix qui grimpent ou diminuent, se...
A Dreux, les usagers quotidiens de la SNCF face à l’absence de train Pour la troisième journée de suite, aucun train ne circule entre Dreux et Paris. Les navetteurs euréliens sont contraints de trouver des solutions a...
Le commerce, l’hôtellerie et la restauration s’inquiètent d’une grève durable Un an après la crise des « gilets jaunes », qui avait plombé l’activité en fin d’année 2018, les entreprises craignent que ce nouveau mouvement soci...
La réforme du franc CFA est une « étape essentielle », selon le FMI L’institution de Bretton Woods salue l’annonce la modernisation des accords monétaires qui lient la France et l’Union économique ouest-africaine. L...
Réforme des retraites : « La France n’a pas la culture du compromis » Dans sa chronique, Michel Noblecourt, éditorialiste au « Monde », analyse les difficultés des responsables syndicaux et politiques à se placer dans ...

ACTUALITÉS SHOPPING IZIVA