Michael Kiwanuka - Clip Vidéo Love & Hate

Cinq ans après un premier album remarqué, le jeune Londonien s’affranchit des styles avec le sublime «Love & Hate», enregistré à Los Angeles. Et qui sonne déjà comme un classique

«Ça a été un long chemin et chaque chanson était difficile à écrire, mais l’expérience en valait la peine à tout instant.» Ces quelques mots griffonnés sur papier annonçaient sur Twitter l’heureux événement, le 15 juillet. La parution du deuxième album de Michael Kiwanuka, que l’on avait quitté avec Worry Walks Beside Me, sublime ballade et ultime thème d’un premier recueil qui hissait le jeune Londonien au rang de meilleur espoir dans la catégorie soul du BBC Sound of 2012, un domaine d’excellence et de forte concurrence outre-Manche.

Il aura donc fallu attendre presque cinq ans, une éternité à l’heure du 2.0, pour retrouver Michael Kiwanuka. En juillet 2015, sur la scène du festival North Sea Jazz, le chanteur avait pourtant annoncé autour de minuit que le disque sortirait dans la foulée. Avant de le repousser encore une fois. «Je suis juste lent dans un monde où il faut toujours aller vite. Je voulais que le son soit celui que j’entendais, que les chansons me parlent vraiment. Prendre son temps est une clé pour trouver son originalité. Les gens achètent de moins en moins de disques, en consomment de plus en plus en ligne. Du coup, les labels sont de plus en plus nerveux, soucieux de ne pas sortir un disque "raté". J’ai l’impression que, pour beaucoup de musiciens, chaque album en contient deux en fait. Vous ne pouvez plus, comme par le passé, montrer votre évolution. C’est d’ailleurs un peu le sentiment que j’ai avec ce disque, qui est en quelque sorte double.» C’est vrai qu’entre-temps, le timide gamin a pas mal changé : le bouc bourgeonnant a laissé place à une barbe hirsute coiffée d’une belle afro. Mais attention, Michael Kiwanuka n’a rien du hipster, tout du hippie sur le retour. Bien que né un an avant l’été qui fit accoucher l’acid house, le bientôt trentenaire rappelle par son style les volutes psychédéliques du premier Summer of Love californien, qui fête son demi-siècle cet été.

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