Les grandes surfaces alimentaires lancent la bataille de l’ouverture sept jours sur sept

Economie

L’enseigne Casino a prévu d’ouvrir 118 supermarchés et hypermarchés, le 1er janvier, en mode automatique, comme ce fut le cas le jour de Noël. Les syndicats qui dénoncent une dérive des horaires d’ouverture craignent, à terme, des conséquences sur l’emploi.

Faire ses courses alimentaires un jour férié, le dimanche après-midi, où après 22 heures ? L’opposition entre la grande distribution et les organisations syndicales, qui craignent une dérive sur le front de l’emploi, a été ravivée par la décision de l’enseigne Casino d’ouvrir 118 magasins le 1er janvier 2020, comme le 25 décembre 2019. Sans aucun personnel, hormis des vigiles pour assurer la sécurité, les clients encaissant eux-mêmes leurs achats sur des caisses automatiques et obtenant une aide à distance grâce à un bouton d’appel.

Ces 100 supermarchés et 18 hypermarchés font partie des 123 magasins de l’enseigne Casino qui ouvrent déjà depuis plusieurs mois en horaires étendus en semaine et/ou le dimanche après midi. « C’est simplement la continuité de ce que l’on propose le reste de l’année », explique-t-on chez Casino, en justifiant ces extensions horaires par le fait de « contrer l’e-commerce ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, et accueillir les clients qui n’acceptent plus les contraintes dans leur acte d’achat ».

Premier hypermarché à passer en mode automatique après 13 heures le dimanche, l’ouverture du Géant Casino d’Angers, le 25 août 2019, avait déjà fait polémique. La grande distribution alimentaire n’étant pas autorisée à ouvrir les dimanches après-midi en faisant travailler son personnel.

L’inspection du travail avait constaté que les animatrices commerciales d’une société prestataire et les vigiles renseignaient et aidaient les clients lors de leur passage en caisse. Casino a été incité à revoir ses pratiques et la société prestataire a été condamnée par le tribunal de grande instance, considérant qu’il s’agissait d’« une infraction au principe du repos dominical ».

Accélération « de la suppression des emplois »

Actuellement, dans l’ensemble du groupe Casino en France, environ 250 magasins (Monoprix, enseignes Casino, Franprix et Leader Price) fonctionnent en mode automatique en dehors de leurs horaires d’ouverture habituels. Le groupe de distribution a pour objectif de pouvoir rendre autonomes 500 points de vente d’ici à 2021, sur les 8 637 qu’elle possède en France.

Mais cette stratégie n’est pas du goût de tous, à commencer par les organisations syndicales, opposées, pour une grande partie d’entre elles, à cette dérive des horaires d’ouvertures. « Après les dimanches, c’est les jours fériés, cela banalise totalement les repos dominicaux et les jours fériés en France, estime Laurence Gilardo, déléguée syndicale FO du groupe Casino. De plus, les magasins ouvrent en mode dégradé, c’est-à-dire sans aucun rayon à service comme la pâtisserie artisanale, la boucherie, la poissonnerie ou le fromage à la coupe. »


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