Epargne-retraite : quelle version du PER individuel choisir ?

Economie

Les souscripteurs du nouveau plan épargne-retraite individuel pourront opter pour la formule « assurance » ou « compte-titres ». On vous explique la différence.

Les futurs souscripteurs d’un PER individuel (PERin, successeur du PERP et du contrat Madelin) seront bientôt face à un choix nouveau : celui entre le PER « assurance » (pour « assurance-vie ») ou le PER « compte-titres ». La loi Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) offre en effet ces deux possibilités, qui se traduisent par quelques différences financières et fiscales.

Sur le plan financier, lePER « assurance » permettra, comme les contrats d’assurance-vie et les PERP actuels, de choisir entre différents supports financiers, dont un fonds en euros garanti. C’est un argument qui compte, pour de nombreux souscripteurs (ce type de fonds capte en effet plus de 70 % des versements réalisés en assurance-vie), mais les rendements des fonds en euros étant désormais très bas, à cause des taux négatifs sur les marchés obligataires, ses perspectives ne sont guère étincelantes. « Le fonds en euros est nécessaire pour sécuriser l’épargne à l’approche de la retraite, explique Olivier Mariée, directeur commercial d’Axa France. Mais les épargnants devront comprendre que d’autres supports, sans garantie, sont mieux adaptés à l’horizon du long terme. »

D’autres assureurs évoquent la possibilité que le fonds en euros du PER rapporte davantage que celui de l’assurance-vie, car il pourra bénéficier d’une gestion plus diversifiée et plus offensive, en raison de la longue durée des engagements. 

En revanche, le PERin ne profitera plus du petit bonus dont bénéficiait le PERP, où les rétrocessions de commissions sur les unités de compte (une part des frais prélevés sur les fonds sans garantie) sont créditées sur le fonds en euros. Avec le PER, elles pourront être encaissées par l’assureur et les distributeurs, et ne viendront plus apporter un élément de rendement supplémentaire aux épargnants.

Dans un PER « compte-titres », ce compartiment spécifique à l’assurance-vie ne sera donc pas présent. L’épargne y sera intégralement investie dans des sicav et des fonds communs de placement, dont la valeur n’est pas garantie. La sécurité sera apportée par les fonds monétaires et obligataires de court terme, mais avec un risque de baisse modeste si les taux d’intérêt des marchés financiers restent durablement bas.

Les frais font la différence

Ce sont les frais qui, finalement, pourraient faire la différence entre ces deux produits. Dans le PER « assurance », les frais des fonds et ceux du contrat s’additionnent, et, dans la mesure où ils sont calculés en pourcentage de l’épargne, ils sont d’autant plus importants que les montants sont conséquents. Avec le PER « compte-titres », l’épargnant supportera les frais des fonds plus, éventuellement, des frais liés au plan, mais, selon les professionnels, ceux-ci pourraient être fixes, ce qui favoriserait les plus gros investisseurs.

Concernant la fiscalité sur les revenus, les deux types de plans seront logés à la même enseigne. Mais le PER « assurance » dispose d’un intérêt supplémentaire, avec un abattement sur les sommes qui seront transmises aux bénéficiaires en cas de décès du souscripteur. Un avantage qui pourrait convaincre un bon nombre de choisir cette formule plutôt que le compte-titres qui, lui, n’aura aucun atout de ce type.

Actuellement, un choix similaire existe avec le plan d’épargne en actions, qui peut être souscrit sous forme de compte-titres ou d’assurance-vie. Et si les épargnants ont massivement opté pour le premier, les professionnels estiment que lePER « assurance » a de fortes chances de l’emporter, d’autant qu’il devrait être présent dans bien plus de réseaux (assureurs, mutuelles, banques, conseillers en gestion de patrimoine) que le PER « compte-titres », qui sera surtout proposé par les sociétés de gestion d’actifs ou par des banques à l’intention des entreprises. « Le choix entre les deux formules méritera d’être étudié », estime Philippe Crevel, délégué général du Cercle des épargnants. Bilan dans quelques années…


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