Des élus et ex-élus PS souhaitent un « pôle de gauche » dans la majorité

Politique

76 personnalités, issues principalement du Parti socialiste, entendent porter « une voix sociale et républicaine », attentive à « la réduction des inégalités et à la laïcité ».

Elus, anciens élus issus du PS et sympathisants publient, dimanche 20 octobre,dans Le Journal du dimanche, un « manifeste pour un pôle de gauche dans la majorité ». Les 76 signataires entendent construire ce pôle indépendant de La République en marche autour du ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et du secrétaire d’Etat à la fonction publique, Olivier Dussopt, également issus du Parti socialiste.

« En tant que sociaux-démocrates longtemps marginalisés, nous nous sentons dépositaires d’une culture de gouvernement plus proche aujourd’hui du réformisme gouvernemental que de la dérive illibérale de la gauche protestataire », écrivent les signataires, dont le maire de Strasbourg Roland Ries ou l’ancien secrétaire d’Etat François Loncle.

« Le pacte républicain est fragilisé »

Ces soutiens d’Emmanuel Macron, qui ont vécu « l’implosion » du PS et « la sanction électorale du grand écart de la gauche » lors du quinquennat Hollande, se disent « convaincus qu’il faut élargir la majorité présidentielle, la rendre plus pluraliste et y faire entendre fortement une voix sociale et républicaine »

Aujourd’hui, « le cap est le bon et la France est gouvernée », jugent-ils, « malgré de regrettables maladresses » et la nécessité, selon eux, de « régénérer notre démocratie par la mobilisation des territoires et la participation citoyenne ». Alors que « le pacte républicain est fragilisé » par de « profondes fractures sociales, territoriales et culturelles », ils soulignent que « la réduction des inégalités et la laïcité doivent rester au cœur de nos valeurs et de notre exigence républicaine ».

« L’impératif écologique et la transition énergétique, sauf à se heurter à des résistances violentes, nécessitent l’accompagnement plutôt que l’ostracisation des professions et des populations les plus exposées aux changements de notre modèle de croissance », ajoutent-ils, un an après le déclenchement du mouvement des « gilets jaunes ». Ils précisent adhérer « à l’ambition d’égalité des chances et de mobilité sociale par une revalorisation du mérite et du travail ».

Jean-Yves Le Drian à la manœuvre

Pour « réinvestir la République au cœur de nos territoires », contre le « darwinisme du marché foncier » et « les centralismes urbains », ils appellent à une « revue générale de la présence territoriale des services publics et à un Pacte national d’aménagement du territoire entre tous les acteurs territoriaux ».

Et après la crise des « gilets jaunes » qui a transformé le rapport des Français à la politique et à la démocratie, ils affirment la nécessité d’être « sans complaisance avec les mensonges du populisme » notamment, avec « en contrepartie une éthique politique scrupuleuse et un usage reconsidéré de la force publique lorsqu’elle est nécessaire ».

M. Le Drian est à la manœuvre depuis plusieurs mois pour constituer une sensibilité de gauche, qui serait un pendant à « la République des maires » de l’édile d’Angers Christophe Béchu, orientée au centre droit.


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