Coronavirus : Barbier, Praud, Pernaut… L’art de dire tout et n’importe quoi à la télé est-il accentué par la crise ?

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Les éditorialistes et présentateurs ne cessent de donner leur opinion personnelle dans cette crise du coronavirus.

Depuis le début de la crise du coronavirus, c’est le festival des avis à l’emporte-pièce sur les grandes chaînes d’information. Editorialistes et présentateurs viennent donner leur opinion sur la gestion de la crise sanitaire et le respect ou non du confinement par les Français, se présentant parfois plutôt comme des redresseurs de torts que comme des chroniqueurs.

Christophe Barbier, Pascal Praud ou Jean-Pierre Pernaut (pour ne citer qu’eux) se sont ainsi fait remarquer dans l’exercice, déjà bien installé avant la crise du coronavirus, sur les chaînes d’information en continu, de l’ultracrepidarianisme, à savoir le comportement qui consiste à donner son avis sur des sujets sur lesquels on n’a pas spécialement de compétence.

« Globalement les profs, à un moment, faut y aller ! »

Avant d’entrer dans le vif du sujet, voici un aperçu non exhaustif des remarques entendues sur le petit écran ces deux derniers mois. « Jusqu’où pour protéger la population on prend le risque d’une crise économique […] mais à un moment donné pour sauver quelques vies de personnes très âgées, on va mettre au chômage quelques milliers de gens ? », avait insisté Christophe Barbier sur le plateau de BFMTV le 25 février*. Jeudi dernier, l’ancien directeur de la rédaction de L’Express s’en est pris aux personnes en surpoids, suscitant un tollé en ligne**.

Pas mieux du côté de Pascal Praud, présentateur de l’émission très polémique L’Heure des Pros, sur CNews, qui exhorte les profs à se remettre au travail. « Quand j’entends les professeurs qui ne vont pas aider Macron le 11 mai, dire qu’ils ne veulent pas rentrer, parce que la sécurité, parce que le sanitaire, etc. : il y aura toujours de bonnes raisons pour ne pas rentrer. » Et d’ajouter : « Je ne vais pas me faire des amis en disant ça, mais globalement les profs, à un moment, faut y aller ! » Qu’est-il donc arrivé aux éditorialistes et présentateurs de journaux télévisés ces dernières semaines ?

« Traditionnellement, les éditorialistes venaient du journalisme politique, très articulé, avec un certain nombre de connaissances solides », observe le sociologue des médias Jean-Marie Charon. Historiquement, la France aime bien cette figure médiatique qui fait le lien entre différentes formes de savoirs et qui, pourquoi pas, serait capable d’en tirer une perspective politique, voire philosophique. La crise du coronavirus n’a pas réellement changé la donne, elle a surtout accentué l’effet pervers de l’information en continu qui a démultiplié les espaces de discussions et de débats pour remplir le vide...

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