Un objet dans l’actu : les encombrants chalets de Marcel Campion

Politique

Délogé des Champs-Elysées en 2017, le « roi des forains » a trouvé le moyen d’installer ses pittoresques cabanons dans le jardin des tuileries. Un conte de noël qui ne fait pas rire tout le monde.

  • Le marché des Champs

Le chalet alpin du traditionnel Christkindelsmärik, le marché de Noël germanique de la Saint-Nicolas ou marché de l’Enfant Jésus en alsacien, a gagné les centres-villes d’une grande partie de l’Europe depuis le début des années 1990. C’est à partir de 2008 que Marcel Campion, « le roi des forains », adoubé par l’édile de l’époque, Bertrand Delanoë, promeut celui des Champs-Élysées avec deux cents cabanons joliment alignés entre la place de la Concorde et le rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault. En plus de la grande roue, de manèges modernes et du grand palais des glaces. Le succès est indéniable : plusieurs millions de personnes sont venues visiter les chalets.

  • La Cabale contre les cabanes

Au début, tout va pour le mieux entre la nouvelle maire, Anne Hidalgo, et le médiatique Marcel Campion, qui verse une redevance de 700 000 euros à la Ville pour continuer à installer ses cabanes sur la plus belle avenue du monde. Mais en 2017, guerre ouverte autour des cahutes. Le Conseil de Paris décide à l’unanimité de ne pas reconduire le marché de Noël à la sauce Marcel Campion. Depuis plusieurs années, divers élus, de droite comme de gauche, pointaient avec insistance une manifestation qui n’était pas, selon eux, à la hauteur du cadre prestigieux. La mairie lui reprochait alors de ne pas vendre des produits artisanaux de la région, mais provenant de Chine, et ce, à un prix excessif.

  • Le Repli aux Tuileries

En 2017, le marché de Noël des Champs-Élysées brille donc par son absence. Marcel Campion multiplie actions judiciaires et raout médiatique pour tenter d’infléchir la décision municipale. Sans succès. Finalement, un an après leur bannissement élyséen, les chalets Campion trouvent refuge au jardin des Tuileries. La Mairie de Paris n’a pas eu son mot à dire, l’espace étant géré par le Musée du Louvre, mitoyen, qui entend « poursuivre le développement d’activités populaires et festives » aux Tuileries, à condition de ne proposer que des produits essentiellement français. Pour Campion, c’est reparti pour un tour de roue dès Noël 2018. 120 maisonnettes, trente manèges, la grande roue et deux millions de visiteurs. Cette année, pour la deuxième édition qui a débuté le week-end dernier, Campion a invité tous les candidats aux prochaines municipales à Paris à venir partager un verre de vin chaud aux Tuileries.

  • L’assaut de l’Hôtel de ville

Si l’inauguration des chalets aux Tuileries en 2018 a été plutôt discrète, c’est que quelques semaines auparavant, Marcel Campion, 79 ans, a encore fait des siennes. Vexé de ses déboires avec Anne Hidalgo, le roi des forains tient des propos homophobes à l’égard de responsables homosexuels – assumés ou présumés – de la Mairie de Paris, dont l’ex-premier adjoint, Bruno Julliard. Vu le tollé, Campion se retire de la vie foraine. Une retraite qui ne durera qu’un temps.Et quelques jours après sa sortie verbale, il annonce, sur le plateau de « Balance ton post ! », qu’il se lance en politique. Plus précisément à l’assaut de la Mairie de Paris en 2020. Il crée le mouvement Libérons Paris et se donne pour objectif de présenter dix-sept têtes de liste. En mars 2019, il inaugure son local de permanence (qui n’est pas un chalet) entouré d’acteurs déguisés en personnages du film SOS Fantômes, les chasseurs de fantômes. Selon le dernier sondage IFOP, il est crédité de 1 % à 2 % des intentions de vote.


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