Non, les bébés chinois OGM n’ont pas une espérance de vie réduite

Santé

L'étude publiée montrant que les personnes ayant un gène CCR5 muté étaient plus susceptibles de mourir prématurément a été retirée en raison de biais statistiques.

Après le tollé soulevé par l'annonce de la naissance des premiers bébés génétiquement modifiés en Chine en 2018, deux chercheurs étaient venus ajouter une polémique à la polémique en juin 2019 en affirmant que la mutation introduite chez les jumelles par le scientifique chinois Jiankui He présentait un risque accru de mortalité par rapport aux personnes ayant une version « normale » du gène (voir ci-dessous). Une assertion qui a très vite suscité le doute chez d'autres scientifiques, qui étudient eux-mêmes ce gène de résistance au virus du sida depuis des années.

L’étude de Nature retirée en raison de biais statistiques

Une flopée d'études, dont certaines ont analysé de nouvelles données provenant de centaines de milliers de personnes, est rapidement venue dénoncer les biais statistiques. Les auteurs eux-mêmes ont finalement avoué s'être trompés dans un article publié le 3 octobre sur le site bioRvix, ce qui a conduit à la rétractation de l'article original paru dans Nature Médecine. D’après la revue, la mauvaise interprétation est attribuable « à des erreurs techniques dans la façon dont la mutation a été identifiée dans la base de données ». La sonde mesurant la variante du gène a ainsi souvent manqué sa séquence-cible, aboutissant à une sous-estimation du nombre de personnes avec deux copies du gène muté.

« Il est de mon devoir de mettre les choses au clair pour le public », a reconnu Rasmus Nielsen, généticien des populations à l'université de Californie à Berkeley, qui avait dirigé l'étude originale. Cette rétractation ne remet cependant pas en cause les questions éthiques liées à la naissance des jumelles. En août 2019, l'OMS a ainsi rendu publiquement son avis sur la question, expliquant qu'il serait « irresponsable, à ce stade, que quiconque procède à une modification du génome des cellules germinales en vue de procéder à des applications cliniques ».


Source : Non, les bébés chinois OGM n’ont pas une espérance de vie réduite


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