« Le multilatéralisme ne se porte pas mieux sur la Lune que sur la Terre »

Economie

Alors que la Lune est convoitée pour ses métaux et éléments rares, la conquête économique spatiale commence, mettant aux prises les Chinois, les Américains, l’Union européenne ou encore la Russie, décrit Julien Bouissou, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

Chronique. Les Terriens en ont assez d’explorer l’espace, ils veulent l’exploiter. L’entreprise japonaise ispace veut extraire les minéraux des astéroïdes et construire une base sur la Lune. Son slogan : « La Lune est votre plate-forme pour le futur de votre business. » Moon Express, fondé par plusieurs entrepreneurs, voit la Lune comme le « huitième continent de la Terre » et Robert Richards, son cofondateur, décrit l’aventure spatiale comme un moyen d’« étendre la sphère économique de l’humanité ».

Dès 2016, la NASA, l’agence spatiale américaine, avait prévenu dans un rapport sur « le développement économique de l’orbite basse terrestre » qu’elle allait « commencer à retirer ses astronautes du voisinage de la Lune, de Mars et au-delà », laissant aux entreprises du secteur privé « le soin d’y développer une économie ».

L’Union européenne (UE), l’Inde ou encore la Russie sont aussi dans la course. ArianeGroup a signé en janvier un contrat avec l’Agence spatiale européenne (ESA) pour une mission lunaire dont l’objectif sera « l’exploitation du régolithe, un minerai duquel il est possible d’extraire eau et oxygène, permettant d’envisager une présence humaine autonome ». Selon le quotidien chinois Global Times, Pékin aurait même l’ambition de créer une zone économique « Terre-Lune » pouvant générer 10 000 milliards de dollars (9 000 milliards d’euros) par an.

La planète Terre est devenue trop petite pour contenir l’expansion de l’économie mondiale. « Vous voulez une civilisation qui continue à utiliser encore plus d’énergie et de ressources pour construire des choses incroyables, déclarait en novembre Jeff Bezos, patron d’Amazon et de la société spatiale Blue Origin. Pour y parvenir il faut aller dans le système solaire. » A l’entendre, la croissance du futur sera extraterrestre ou ne sera pas.

Le pétrole du système solaire

La Lune est convoitée pour ses minéraux, dont le titane ou le lithium qui font partie des métaux rares utilisés dans la fabrication de produits électroniques.

Mais aussi pour l’hélium-3, un élément rare sur Terre et qui pourrait servir de carburant à la fusion nucléaire sans produire de déchets radioactifs. Quelques centaines de tonnes de cet isotope de l’hélium suffiraient à générer toute l’électricité que l’humanité consomme chaque année – encore faut-il maîtriser le procédé de fusion nucléaire à base d’hélium-3, ce qui est loin d’être le cas.


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