La chimie du végétal réveille les anciennes terres du charbon

Economie

Soutenue par Bpifrance, la biotech Metex construit une usine dans la région sinistrée de Saint-Avold, en Moselle.

Tout un symbole. C’est au pied des cheminées de la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle), qui doit fermer en 2022, et sur la plate-forme pétrochimique de Carling, en pleine transition vers la chimie du végétal (les molécules ne sont plus fabriquées à partir de sous-produits du pétrole, mais grâce à la fermentation de produits issus du végétal), qu’a été posée en grande pompe la première pierre de l’usine Metex Noovista, jeudi 18 juillet.

Grâce à un procédé de fermentation, elle produira, à partir de 2020, du propanediol (PDO), un composant utilisé notamment dans le secteur des cosmétiques, et de l’acide butyrique, nécessaire à l’industrie du parfum. L’investissement, qui avoisine 50 millions d’euros, et la quarantaine d’emplois à la clé annoncent une nouvelle ère pour ce site industriel.

« C’est l’aboutissement de vingt ans de travail », explique Benjamin Gonzalez, le cofondateur et patron de Metabolic Explorer (Metex), futur copropriétaire de l’usine avec le fonds Sociétés de projets industriels (SPI) de la Banque publique d’investissement (Bpifrance). « Ce sera notre premier site de production, souligne M. Gonzalez. Depuis notre création, en 1999, et nos premiers brevets, nous avons toujours voulu nous doter de notre propre outil industriel. »

Jusqu’ici, Metex n’avait pas de revenus, donc de chiffre d’affaires stable, et ne vivait que des aides ainsi que sur les fonds levés à la faveur de sa mise en Bourse

Le pari n’était pourtant pas gagné. « C’est une vraie survivante », confie Jean-Philippe Richard, l’un des responsables de SPI, à propos de Metex, qu’il suit depuis de nombreuses années pour le compte de Bpifrance. En vingt ans, la société est passée par tous les états. Euphorique lors de son introduction en Bourse, en 2007, elle a plongé au plus bas avec la crise financière et la multiplication des échecs de partenariats en Malaisie ou en Corée du Sud.

Jusqu’à la création de cette usine, elle n’avait pas de revenus, donc de chiffre d’affaires stable, et ne vivait que des aides ainsi que sur les fonds levés à la faveur de sa mise en Bourse. Désormais, la PME de 70 personnes voit son avenir s’éclaircir.

Vaste librairie génétique

Pour Metex, l’histoire a débuté à Clermont-Ferrand. C’est ici, dans une zone industrielle de la capitale auvergnate, que la société a invité, fin juin, une poignée de journalistes pour présenter ses installations. « A l’époque, j’avais une intuition, rappelle Benjamin Gonzalez, ancien ingénieur doctorant à l’université d’Auvergne. Je souhaitais comprendre le fonctionnement des gènes d’enzymes et de bactéries afin d’appliquer ces connaissances à la chimie biologique. Mon ambition était de produire des composants (acides aminés, vitamines, acides organiques, etc.) de façon naturelle, grâce à la fermentation, pour les substituer à ceux issus de la pétrochimie. »


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