Jérôme Cahuzac, « prisonnier de son mensonge » - Le Point

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Si prison il devait y avoir, Jérôme Cahuzac irait-il en raison de la fraude fiscale – pour laquelle il est jugé – ou de ses mensonges, qui l'ont déjà socialement tué ? C'est à cette question que Mes Jean-Alain Michel et Éric Dupond-Moretti, les avocats de l'ancien ministre du Budget de François Hollande, ont tenté de répondre. Faisant résonner dans le tribunal correctionnel de Paris les mots inscrits à l'intérieur de notre code pénal : « Une peine d'emprisonnement sans sursis ne peut être prononcée qu'en dernier recours si la gravité de l'infraction et la personnalité de son auteur rendent cette peine nécessaire et si toute autre sanction est manifestement inadéquate. »

Le fait de détenir un compte à l'étranger non déclaré est-il assez « grave » pour l'envoyer en cellule ? Certainement pas, répond Me Dupond-Moretti, affirmant avoir « mille » exemples. Et citant, sans le nommer, le cas de Johnny Hallyday, qui a fui l'impôt en France pendant des années, et qui a finalement eu droit à son « hommage national ». La « personnalité » de Jérôme Cahuzac justifie-t-elle une telle peine ? Non, a encore répondu son conseil : « Le tribunal ne doit pas être une caisse de résonance à la vindicte populaire (…) Ce pognon, il l'a traîné comme un boulet. » Jérôme Cahuzac est avant tout le « prisonnier de son mensonge ».

Les trahisons d'un homme d'État

Car c'est de cela qu'il s'agit : la personnalité du prévenu doit-elle se résumer tout entière à sa duplicité ? À cette comédie qu'il joua devant la Représentation nationale, affirmant ne pas avoir de compte à l'étranger ? À ses trahisons envers la France entière et sa propre famille ? À cette volonté contrariée de vouloir lutter contre les « tricheurs » qu'il exècre, tout en en étant un lui-même ? À cette ambition politique et cet orgueil démesuré qui l'ont poussé à jouer les premiers rôles, de la commission des Finances de l'Assemblée au gouvernement, alors qu'il savait son engagement vicié ? À son mensonge public, enfin, celui de citoyen et d'homme d'État ?

Durant toute la durée de l'audience, Me Dupond-Moretti a cherché à montrer l'homme derrière l'homme : le Cahuzac à la réputation anéantie, abandonné par ses amis, presque éliminé de la société ; le Cahuzac incapable de fournir au tribunal, « comme un modeste voleur », une attestation d'emploi censée prouver ses capacités de réinsertion, car son employeur ne voulait pas que son nom soit associé au sien… Le 14 février dernier, Dupond-Moretti était même allé jusqu'à convoquer pour témoin le psychiatre Daniel Zagury, pourtant plus habitué des cours d'assises, afin de décortiquer la « mécanique du déni  ».


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