Ile-de-France Mobilités veut reprendre la main sur l’informatique de la future carte Navigo

Politique

Au-delà de la gestion informatique de la future Smart Navigo se pose la question de la maîtrise des données des usagers, une manne pour les opérateurs du secteur.

C’est un petit marché, si on le compare à ceux couramment lancés par l’Ile-de-France pour ses transports, mais il est d’importance. L’autorité organisatrice des transports de la région capitale, Ile-de-France Mobilités (IDFM), a annoncé, lundi 17 décembre, sa décision de confier la réalisation du système informatique de sa future carte Navigo intelligente (Smart Navigo) au consortium Conduent-Worldline. Le montant des commandes fermes s’élève à 60 millions d’euros, soit à peine un peu plus que le prix de quatre rames de RER neuves.

Le consortium gagnant aura une tâche stratégique : réaliser l’infrastructure technique permettant au voyageur francilien de disposer de tickets ou de titres de transport dématérialisés ou sans contact, mais aussi d’utiliser son smartphone pour recharger sa carte et pour valider son voyage.

Le duo d’entreprises choisi après une phase de six mois d’un « dialogue compétitif » entre les trois consortiums rivaux et Ile-de-France Mobilités devra répondre à ces défis.

Worldline, filiale du groupe français Atos, est le numéro un européen des solutions de paiement électroniques pour les acteurs du transport public, mais aussi pour les banques, les services publics, les commerçants… Conduent est un champion européen de la billettique, déjà important fournisseur des transports franciliens. On notera que le marché avait attiré des pointures du secteur : les deux consortiums perdants étaient menés par Accenture et Capgemini.

Reprendre la main sur l’informatique des transports

Au-delà des enjeux pour les sociétés qui concouraient, cet appel d’offres est aussi l’occasion pour IDFM de reprendre la main sur les métiers de l’informatique des transports. En effet, la région aurait logiquement dû confier la maîtrise d’ouvrage de ce marché à Comutitres, un groupement formé principalement par la RATP et la SNCF, chargé de la gestion de la télébillettique commune aux opérateurs franciliens et de toutes les opérations bancaires liées aux abonnements Navigo. Or, dans la perspective de l’arrivée de la concurrence en Ile-de-France, l’autorité organisatrice des transports régionale a fait un tout autre choix.

IDFM a préféré monter l’appel d’offres elle-même – et en écarter Comutitres – pour se libérer de la tutelle technique des deux grands opérateurs, pour l’instant en monopole. Le communiqué de presse précise d’ailleurs que la future infrastructure technique devra « garantir, à chaque utilisateur d’Ile-de-France, les mêmes conditions d’accès à l’ensemble du réseau de transport et le même niveau de service quel que soit l’opérateur ».


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