Face au réchauffement climatique, Yannick Jadot imagine des « congés canicule »

Politique

En plus de la gratuité des transports publics, le député européen recommande au gouvernement de « travailler sur la morphologie des villes ».

Estimant que les pouvoirs publics sont « très en retard » dans l’adaptation au réchauffement climatique, le député européen Yannick Jadot (Europe-Ecologie Les Verts) propose la mise en place de « congés canicule », dans un entretien publié dans le Journal du dimanche du 30 janvier. « Nos lieux de vie ne sont pas adaptés, nos villes regorgent d’îlots de chaleur », détaille M. Jadot, auréolé de sa troisième place aux élections européennes (13,5 % des voix).

« Dans cette situation de canicule et de pollution, il faut des transports publics gratuits. Aménager le temps de travail, favoriser le télétravail et adapter les entreprises et les écoles à ces chaleurs. Si on mettait en place des congés “canicule, cela permettrait aux parents, aux enfants et aux salariés de s’organiser. »

Le député européen propose également de « travailler sur la morphologie des villes », de « végétaliser les centres urbains », et d’investir « massivement » dans l’isolation des logements. « Malheureusement, ce gouvernement, comme les précédents, s’y refuse et ne respecte pas l’objectif des 500 000 logements par an prévus par la loi », regrette-t-il.

Un besoin « d’équité » dans les mesures

Si les écologistes soutiennent le « principe de circulation différenciée », M. Jadot déplore « qu’il y [ait] eu autant, voire plus, de bouchons que d’habitude » lors de sa mise en œuvre cette semaine dans plusieurs villes. « En l’absence d’anticipation, d’information et de contrôle, la mesure a échoué », tranche-t-il.

Pour le député européen, à qui l’on rappelle l’hostilité des « gilets jaunes » à la taxe carbone, il faut pour que l’opinion épouse la cause environnementale que « les plus fragiles » soient « exonérés des efforts alors qu’ils sont déjà les plus touchés par les pollutions ».

« Il y a une question d’équité : on demande beaucoup d’efforts aux automobilistes, mais on n’en demande pas aux constructeurs qui fraudent, on ne taxe pas le kérosène au niveau national ou international et on laisse entrer dans nos ports des navires qui crachent des saloperies matin, midi et soir », dit le député, qui avait soutenu la hausse de la taxe carbone initialement prévue par le gouvernement en janvier.

Interrogé sur l’action du gouvernement contre le réchauffement climatique, M. Jadot déplore de l’« affichage », fustigeant le soutien à l’accord de libre-échange UE-Mercosur, l’abandon du train de fret entre Perpignan et Rungis ou les « freins aux énergies renouvelables ».

Nicolas Hulot appelle à l’unité dans la « guerre » pour le climat

Nicolas Hulot, en juillet 2018. CC BY 2.0

Afin d’affronter la « guerre » contre le dérèglement climatique, l’ancien ministre de la transition écologique Nicolas Hulot a appelé à l’unité par-delà les clivages politiques, dans un entretien paru dans Dimanche Ouest-France du 30 juin. « Il est urgent d’affronter la réalité climatique, écologique plutôt que de toujours lui tourner le dos. Nous devons absolument nous rassembler, au-delà de toutes nos barrières politiques, religieuses pour changer nos modes de vie. En temps de guerre, on est capable de s’unir sur l’essentiel. Et nous sommes en guerre ! », estime M. Hulot dans le journal.

Nicolas Hulot, qui a démissionné du gouvernement en septembre 2018, se dit « prêt » à apporter son « soutien à un gouvernement qui fera la démonstration qu’il veut véritablement faire rentrer l’écologie dans la modernité ». S’il affirme qu’il ne sera pas candidat aux municipales, M. Hulot appelle cependant « les maires de tous bords » à « faire un effort ».

Parallèlement à cet entretien, M. Hulot part en guerre contre le CETA, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, qui sera discuté puis voté à l’Assemblée à partir du 9 juillet, dans une tribune publiée par le Journal du dimanche.« Ratifier le CETA (…) est un choix entre deux mondes, entre deux avenirs », selon lui. « L’un favoriserait le moins-disant environnemental, sanitaire et social et pénaliserait encore un peu plus les agriculteurs en les exposant à toujours plus de concurrence internationale déloyale. L’autre permettrait de se laisser le temps de construire des relations commerciales équilibrées, qui n’oublient ni l’ambition environnementale, ni la protection sociale, ni la dignité humaine. »


Source : Face au réchauffement climatique, Yannick Jadot imagine des « congés canicule »


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