Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy, une proximité assumée

Politique

Le président de la République a repris des idées-phares de son prédécesseur, entre autres les quotas d’immigration.

Rien ne présageait une telle entente entre un ancien ministre d’un gouvernement socialiste et un ex-leader de la droite, toujours prêt à pourfendre la gauche. Et pourtant. Depuis le début du quinquennat, Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy entretiennent une relation de proximité qui ne faiblit pas. Une entente personnelle, mais aussi idéologique.

En annonçant, le 6 novembre, l’instauration de « quotas » pour l’immigration professionnelle en fonction de la branche d’activité (et non de la nationalité), dont l’ampleur doit être déterminée chaque année par l’Assemblée nationale et le Sénat, l’exécutif a une nouvelle fois repris un marqueur de l’ancien chef de l’Etat. Ce dernier a en effet toujours défendu le principe des quotas, qu’il qualifiait d’« excellent système » dès 1991, au nom d’une « immigration choisie ».

« Je souhaite que nous arrivions à établir chaque année, après un débat au Parlement, un quota, avec un chiffre plafond d’étrangers que nous accueillerons sur notre territoire », déclarait ainsi M. Sarkozy, en septembre 2007, quatre mois après son arrivée à l’Elysée. Sans surprise, ce dernier s’est réjoui que M. Macron puise dans ses idées, estimant « nécessaire et important que le gouvernement veuille s’occuper du problème de l’immigration ». Au grand dam de la gauche. « Nicolas Sarkozy en a rêvé, Emmanuel Macron le fait ! », s’est indigné le Parti socialiste.

« Il y a un respect mutuel entre eux »

Le 10 décembre 2018, M. Macron avait déjà repris une idée-phare de son prédécesseur, en réhabilitant l’exonération des heures supplémentaires d’impôt et de cotisations sociales. Il avait annoncé cette mesure dans son plan pour sortir de la crise des « gilets jaunes », trois jours après avoir reçu l’ex-président à déjeuner à l’Elysée. De quoi alimenter l’idée qu’il avait écouté les conseils de son aîné…

Cette proximité politique assumée – « Quand on se parle, sur un certain nombre de sujets, on se trouve en accord », a observé M. Sarkozy, le 4 septembre, sur France 5 – s’appuie sur une bonne entente personnelle. Alors que M. Macron a des rapports houleux avec son prédécesseur François Hollande, dont il a pourtant été conseiller, puis ministre, ses relations avec l’ex-président de l’UMP sont cordiales. Il faut dire que l’actuel président a multiplié les attentions à l’égard de M. Sarkozy ces deux dernières années.


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