Dossier - ScreenX : on a testé le cinéma à 270°

High Tech

Le 18 juillet 2018, les Cinémas Pathé Gaumont ouvraient à Paris les premières salles d'Europe de l'Ouest équipées de la technologie ScreenX. Derrière ce nom théâtral se cache un nouveau format de projection qui propose aux spectateurs de s'immerger dans le film à 270°, grâce à une image s'étendant entièrement sur les murs latéraux de la salle. Petit tour de ce large horizon...

Dans les années 50 et 60, les producteurs de films comme les exploitants de salles de cinéma ne semblaient avoir qu'une seule obsession : créer des images aux formats toujours plus larges, emplissant encore et toujours plus toute la longitude du regard des spectateurs. C'était la grande époque du CinemaScope, de l'Ultra-Panavision, du Cinerama... Et si, 50 ans plus tard, le ScreenX était la réalisation ultime du fantasme porté par toutes ces technologies ? Voici en effet un procédé qui élargit la projection de façon on ne peut plus extrême, puisqu'il consiste tout simplement à projeter de l'image non seulement sur l'écran frontal, mais aussi sur l'intégralité des murs latéraux. Intérêt de la chose : s'assurer que dans la salle, 100 % des spectateurs ont 100 % de la largeur de leur champ de vision remplie par l'image.  
 

Le ScreenX n'est pas la seule initiative à avoir été lancée ces dernières années pour relancer le marché de l'ultra-large. La demi-décennie passée a vu quelques autres technologies tenter de s'imposer, avec des fortunes peu enviables. Il y a eu le Barco Escape, sorte de Cinerama moderne, abandonné par son concepteur après seulement 3 ans d'exploitation, une trentaine de salles équipées dans le monde et moins d'une dizaine de films exploités. Quant au procédé LightVibes de Philips, moins ambitieux que ses concurrents — il ne s'agit que d'ambiances lumineuses diffusées sur les murs latéraux, un peu à la manière d'un téléviseur Ambilight, et non d'extension de l'image à proprement parler —, il ne doit aujourd'hui son salut qu'à son rachat par le circuit d'exploitation français CGR, qui en a fait un élément signature de ses salles "haut de gamme".
 
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Le système LightVives, utilisé dans les salles "ICE" du circuit CGR, s'articule autour de panneaux à leds sur les murs latéraux. (crédit : CGR)
 
L'arme du format ScreenX pour ne pas risquer de vivre de tels déboires ? Être développé et promu par le géant coréen CJ CGV, qui s'avère être l'un des plus importants producteurs de films et exploitants de salles de cinéma d'Asie. Dès le lancement du ScreenX en Corée du Sud en 2013, le groupe a donc évidemment été son propre meilleur client, aussi bien en matière d'installations de salles que de création de contenu. C'est ainsi que le format a pu rapidement développer une base d'adoption assez confortable, avant même de commencer à s'attaquer aux marchés européens et américains, à partir du milieu de l'année 2017.
 
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Le système Barco Escape, lancé en 2015 et très similaire au concept ScreenX, n'a jamais réussi à s'imposer. (crédit : Barco)

Un processus de conformation complexe

Ce sont donc cinq années qui se sont écoulées entre la naissance de la technologie et son apparition sur notre continent, grâce à ces deux salles ouvertes au Pathé La Villette et au Pathé Beaugrenelle. Ce délai peut paraître long, mais il se comprend aisément quand on se rappelle que le format ne peut évidemment pas vivre tant que les contenus n'existent pas. Avant de s'aventurer à l'ouest, CJ devait donc s'assurer d'avoir le soutien de producteurs de films à même d'attirer le public occidental — comprendre, bien sûr, Hollywood.

Pour ce faire, il n'est évidemment pas possible de demander aux studios d'adapter eux-mêmes leurs films au format : le faible nombre de salles équipées dans le monde — 145 à l'heure où nous écrivons ces lignes — est insuffisant pour justifier le développement d'un processus complet de leur part. Au lieu de cela, les accords passés avec les distributeurs prévoient donc que les équipes de CJ elles-mêmes se chargent de la conformation — "en étroite collaboration avec les réalisateurs des films", nous promet-on —, dans un des trois laboratoires dédiés disséminés à travers le monde.  

Les films en ScreenX n'utilisent pas les écrans latéraux sur l'entièreté de leur durée, mais seulement pour certaines scènes clés.
Cette conformation est extrêmement complexe, car il faut bien préciser qu'elle ne consiste absolument pas à recadrer l'image du film : l'écran frontal affiche strictement le même cadre qu'une salle "classique". De fait, les parties latérales de l'image sont intégralement créées lors de la conformation ; soit à partir de matériel supplémentaire capté au tournage et fourni par le studio (parfois), soit de toute pièce (la plupart du temps). Et si les projections de démonstration vont nous montrer que le résultat est la plupart du temps bluffant, avec une distinction quasi impossible à faire entre les portions réelles et artificielles de l'image, le processus est évidemment long et coûteux. C'est ce qui explique que les films en ScreenX n'utilisent pas les écrans latéraux sur l'entièreté de leur durée, mais seulement pour certaines scènes clés. Dans le cas du film Ant-Man et la Guêpe, qui inaugure ces deux nouvelles salles parisiennes, on compte environ 25 minutes de séquences en ScreenX, sur un total de 1h58.

 

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L'entrée de la salle ScreenX au Pathé La Villette. (crédit : Florian Agez / Les Numériques)

Technologie secrète, mais pas exclusive

Mais avant même que la projection démarre, on tente bien sûr d'en apprendre plus sur les détails techniques de l'installation. Quelle technologie est employée dans les projecteurs latéraux ? Quel matériaux sont utilisés sur les murs latéraux, ces derniers devant forcément répondre à un cahier des charges précis, ne serait-ce qu'en termes de gain lumineux, pour procurer une expérience visuelle satisfaisante à tous les spectateurs ? Ces questions et d'autres restent sans réponse, CJ gardant jalousement les secrets de son procédé. L'observation des projecteurs latéraux nous permet toutefois de déduire avec quasi-certitude qu'il s'agit de projecteurs mono-DLP —  d'où il découle de très légers soucis en matière de qualité d'image, que nous détaillerons plus bas.

Et pour ce qui est de combiner le ScreenX à d'autres technologies ? Dans l'absolu, quasiment rien n'est interdit. Le format peut être associé à la projection 3D, au son Dolby Atmos... Il peut même aller de tandem avec le format 4DX, également développé par CJ CGV, qui renforce quant à lui la projection par des effets environnementaux : mouvements des sièges, effets de vent et de fumée, projections d'eau... Cette combinaison ScreenX + 4DX est d'ailleurs précisément ce que propose la salle du Pathé Beaugrenelle.

 

Pas de 3D en revanche, alors que la salle dispose pourtant bien de tout l'équipement nécessaire en cabine. Idem au Pathé La Villette, où le ScreenX n'est pour l'instant proposé qu'en "solo". Un choix mûrement réfléchi, nous assure François Bertaux, directeur des opérations des Cinémas Pathé Gaumont : "Le degré d'immersion procuré par la projection ScreenX est si élevé que l'on craignait, si l'on y ajoutait la projection 3D, d'arriver à quelque chose de trop désorientant pour les spectateurs." Soit.


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