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L’ultime édition hivernale du « Motorshow » se déroule sur fond de chute du marché américain des berlines.

Une page de l’histoire automobile se tourne ces jours-ci dans le Michigan. Le salon automobile de Detroit – le Motorshow, comme l’appellent les Américains – a ouvert ses portes à la presse, lundi 14 janvier, pour la dernière fois dans sa version traditionnelle, c’est-à-dire hivernale. L’an prochain, à la même période, on ne croisera plus de groupes de congressistes emmitouflés dans les rues de Detroit, figés par le froid polaire de janvier. Les hôtels de toutes catégories ne feront plus le plein et quelques restaurants et sociétés de taxis risquent de tourner au ralenti.

A partir de 2020, le Salon de Detroit se tiendra au mois de juin, dans un tout autre décor et dans une tout autre ambiance, celle de la région des Grands Lacs, à l’orée de l’été. Mais ce n’est pas forcément de gaieté de cœur. Même si, depuis longtemps déjà, beaucoup déploraient le choix d’organiser le Motorshow pendant le rude hiver nord-américain, le salon a surtout été délogé de sa place de premier événement automobile annuel par le Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas (Nevada), qui bat habituellement son plein une semaine avant.

En effet, au fil des années, le CES est devenu le rendez-vous incontournable des industriels de l’automobile, de plus en plus férus d’innovation technologique. « La semaine s’annonce calme, constatait lundi le haut respon­sable d’un équipementier allemand. J’ai seulement deux rendez-vous. Mais ce n’est pas surprenant. J’avais déjà vu tous mes clients au CES. » « Las Vegas remplit désormais le rôle que jouait Detroit, confirme Xavier Mosquet, patron du bureau local du cabinet de ­conseil Boston Consulting Group (BCG), à savoir faire le lien entre les fournisseurs et les constructeurs. »

Le grand salon automobile nord-américain a donc ouvert son ultime édition hivernale dans une ambiance particulière, entre tradition et morosité. La tradition, c’est celle des pick-up, ces énormes camionnettes à plateau typiques des routes d’outre-Atlantique.

Absence des constructeurs haut de gamme allemands

A l’honneur sur les stands, ils assurent depuis plusieurs années les marges des constructeurs américains et constituent, avec les SUV (les 4 × 4 urbains), 70 % des ventes de voitures particulières aux Etats-Unis. Il faut avoir croisé le RAM 1500 (du groupe Fiat-Chrysler), désigné « truck de l’année » à l’ouverture du salon, pour se faire une idée de l’impression que dégagent ces mastodontes de 2,5 tonnes et de 400 chevaux.


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