A Saint-Etienne, une salle d’hôpital numérique pour former des étudiants

Economie

L’école des Mines et le CHU de Saint-Etienne ont développé la « jumelle » d’une salle d’urgence qui permet à des étudiants, munis de casques de réalité virtuelle, de comprendre la gestion des flux.

Par centaines, les blessés affluent. L’attentat a eu lieu il y a moins d’une heure et le service des urgences du CHU de Saint-Etienne est totalement saturé. A cet instant, la gestion des flux est cruciale pour prendre en charge au plus vite toutes les victimes.

Derrière son casque de réalité virtuelle, Jémil tente de saisir au mieux ce qui se passe. Heureusement, cet attentat n’est qu’une simulation. En ce jour de rentrée à l’école des Mines de Saint-Etienne (Loire), les élèves de deuxième année spécialitéingénierie biomédicale s’essaient à une nouvelle pratique pédagogique, sous la houlette de leur professeur en ingénierie des systèmes de santé, Vincent Augusto.

En 2017, celui-ci a entrepris avec le CHU de Saint-Etienne un programme de réalité virtuelle dont les élèves vont s’emparer pour la première fois cette année : le « jumeau digital » de l’hôpital, qui combine simulation et suivi en temps réel du service des urgences. Objectif : savoir diagnostiquer une situation, la retranscrire, la modéliser et proposer des solutions d’optimisation des ressources. Grâce aux indicateurs réels fournis par le CHU, les étudiants ingénieurs connaissent le nombre de patients en attente, leur heure d’arrivée, l’état de surcharge de tel ou tel médecin…

Avec la médecine, les technologies de réalité virtuelle semblent avoir trouvé un solide point d’entrée dans l’enseignement supérieur.

« C’est vraiment très réaliste, je reconnais tout à fait les lieux », commente tout haut Jémil qui, inscrit dans un double cursus Ecole des Mines/fac de médecine, a passé deux mois en stage comme aide-soignant aux urgences. « Il serait intéressant de connaître la raison de la venue des patients. On pourrait évaluer la durée d’attente en fonction des affections déclarées », observe-t-il. « Pour l’instant on ne s’occupe que de la gestion des flux, explique Vincent Augusto. Mais dans un second temps, nous demanderons l’autorisation à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) d’enrichir nos simulations avec les données médicales. »

Avec la médecine, les technologies de réalité virtuelle semblent avoir trouvé un solide point d’entrée dans l’enseignement supérieur. Pour Maxime Ros, neurochirurgien et président de la start-up de réalité virtuelle Revinax, les étudiants y ont tout à gagner. « Tous les supports pédagogiques s’approchent de la réalité mais pas suffisamment pour permettre de reproduire parfaitement une procédure, explique-t-il. En neurochirurgie pédiatrique par exemple, les experts sont très peu nombreux. Pour apprendre de nouvelles techniques, on s’appuie surtout sur du compagnonnage, de l’artisanat. Et lorsqu’on a soi-même à réaliser une opération peu de temps après, il est difficile de compter sur sa seule mémoire, notre cerveau ayant perçu les gestes de manière biaisée. » Le cerveau commettrait ainsi jusqu’à 50 % d’erreurs quand il reproduit une procédure observée auparavant. Transmettre une technique, hors réalité virtuelle, n’est donc pas simple, malgré le temps que passent les étudiants auprès de leurs enseignants. En revanche, « le message transmis par la réalité virtuelle présente un atout énorme : il est constant. Tout le monde le perçoit et est en mesure de le restituer de la même façon, ce qui homogénéise la compréhension et les pratiques », affirme Maxime Ros.


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