Université Toulouse Jean-Jaurès: les bloqueurs évacués, trois personnes blessées - ladepeche.fr

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Le déblocage de l'université Jean-Jaurès de Toulouse par les forces de l'ordre a débuté dans la nuit de mardi à mercredi à 3h45 du matin. Entre 60 et 70 étudiants étaient présents dans le grand amphithéâtre de l'université quand environ 200 CRS et policers de terrain sont intervenus.

Prévenus par une fuite de l'action des policiers, quelques étudiants et personnels grévistes étaient chargés à tour de rôle de surveiller l'accès de l'amphi depuis l'accueil du bâtiment principal. Sur place, les CRS ont fait sauter les barricades montées avec des chaises, des tables et divers gros objets puis ont demandé aux grévistes de se rassembler devant l'accueil. Malgré quelques heurts, l'évacuation du campus universitaire du Mirail s'est relativement bien passée, témoigne une étudiante gréviste. Les forces de l'ordre au sol ont été appuyées par un hélicoptère qui survolait le campus.

L'entrée principale donnant accès au bâtiment de l'Arche, l'autre bâtiment occupé depuis le 6 mars, a été très vite bloquée par un cordon de CRS, casqués et équipés de boucliers. 

Un long face-à-face entre étudiants et CRS

Encadrés par des CRS, frappant dans leurs mains, et scandant "libérez nos camarades" ou encore "Et l'université, elle est à qui? Elle est à nous!", les étudiants ont été repoussés vers la station de métro Mirail-Université vers 5 heures. Là, un long face-à-face a eu lieu avec les CRS. Les policiers d'un côté de la barrière, les étudiants de l'autre. Ces derniers ont tapé contre les barrières de contrôle et ont fait beaucoup de bruit pour manifester leur mécontentement. Ils ont fini par emprunter les premières rames du métro pour quitter les lieux.

"L’opération s’est déroulée dans le calme et sans incident. Les forces de l'ordre ont procédé à l'évacuation d'une soixantaine de personnes qui bloquaient les locaux. Aucun blessé n’a été recensé ni du côté des forces de l’ordre, ni du côté des personnes occupant l’université. A 5 heures, les locaux étaient totalement vides", écrit la préfecture dans un communiqué.

Cependant, vers 6 heures, un individu faisant partie des personnes évacuées, a été interpellé près de la gare Matabiau à Toulouse. "Il avait juste avant dégradé une caméra de surveillance du métro et appartenait à un groupe qui projetait d’envahir la gare", explique la préfecture. Lors de l'interpellation, l'individu s’est rebellé. Une bousculade a suivi durant laquelle le dispositif de désencerclement du fonctionnaire a explosé accidentellement sur sa tenue. "L'individu et deux fonctionnaires de police ont été légèrement blessés. Ils ont tous les trois été pris en charge par les secours", précisent les autorités.

Une nouvelle AG ce mercredi 9 mai à la gare avec les cheminots

Cléo, une étudiante gréviste membre du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), confirme qu'il n'y a pas eu, à sa connaissance, de blessé mais que l'intervention des policiers a été musclée. "Nous avons formé une chaîne en nous tenant par les bras et les CRS nous ont désolidarisés en nous repoussant mètre après mètre", explique le jeune homme.


Robin de l'UET (Union des étudiants de Toulouse), raconte que les forces de l'ordre sont intervenues vers 3h30 pour évacuer le bâtiment accueil. Selon l'étudiant, "les policiers ont brisé des vitres et l'intervention a été assez brutale avec des provocations et des coups de matraque alors que les étudiants n'étaient pas violents et ne possédaient pas d'armes". Il annonce qu'une assemblée générale (AG) aura lieu comme prévu ce mercredi à 12h30, à la gare Matabiau où de nombreux cheminots sont eux aussi mobilisés contre la réforme de leur statut. Par ailleurs, les grévistes ont prévu de se rassembler à 18 heures devant la préfecture à Toulouse.

Le syndicat Sud Rail Midi-Pyrénées s'est d'ailleurs insurgé dans un communiqué "contre toutes formes de violences envers les contestations" et invite les étudiants du Mirail devant la gare à 12h30 pour la tenue de leur AG en rappelant "que les gares leur seront ouvertes".rgeaient de ne pouvoir accéder aux locaux de l'université.


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