Un reconfinement nous permettrait de retrouver nos libertés d'ici à l'été

Santé

Faut-il reconfiner? La question est sur toutes les lèvres. | Marina Khrapova via Unsplash

À défaut de pouvoir mener une campagne de vaccination rapide et généralisée, la France se retrouve dans une situation où seul un confinement permettrait de sortir de la politique de «stop and go».

Confinera? Confinera pas? Confinera peut-être à condition que…? Entre rumeurs, injonctions des scientifiques et articles au conditionnel, la question est sur toutes les bouches des Français, nerveusement épuisés par des restrictions de leurs libertés.

Aujourd'hui, la situation épidémique en France est loin d'être la même qu'en mars 2020 et si un confinement se dessine, c'est qu'un changement de paradigme semble s'opérer et que deux nouveaux acteurs sont entrés en jeu: les différents variants repérés aux quatre coins de la planète, notamment le variant dit britannique (B.1.1.7), et le lancement de la campagne de vaccination des personnes les plus fragiles.

Parlons d'abord de ces variants. De toute évidence, ils font peur. C'est légitime. Pour autant, peut-on parler, comme le Pr Jean-François Delfraissy, de «deuxième pandémie»? Sans doute pas. La situation est grave, certes, mais pas désespérée et céder à l'alarmisme serait s'égarer dans de fausses pistes et augmenterait la défiance envers les mesures sanitaires décidées.

Faiblesses du variant

Un virus à ARN simple brin comme le SARS-CoV-2 est naturellement sujet à des mutations. Le génome du SARS-CoV-2 est le plus long virus humain à ARN en nombre de bases (30.000). C'est pourquoi il n'est pas étonnant qu'il ait muté plusieurs fois –on parle de «variant» dès lors que le virus mute davantage que d'habitude (23 mutations pour le B.1.1.7).

Certaines de ces mutations portent sur la protéine Spike qui permet de se fixer aux cellules humaines et peuvent potentiellement entraîner un échappement au système immunitaire ou des propriétés différentes associées à une transmission accrue par exemple, voire une virulence plus forte.

Mais le pouvoir mutagène du SARS-CoV-2 est relativement faible par rapport au virus de la grippe. Depuis son apparition à Wuhan, on n'a pas vu apparaître de nouveau sérotype, c'est-à-dire qu'il n'y a qu'un seul diagnostic sérologique pour tous les mutants existants.

À l'heure actuelle, on a séquencé des variants au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, au Brésil ou en Californie. Rien ne nous dit toutefois qu'ils ont émergé dans ces zones: ce sont simplement des endroits où l'on séquence davantage le génome du virus.

Dès lors qu'un variant est repéré, la démarche repose sur un certain empirisme. Certains variants deviennent majoritaires et on aura tendance à leur attribuer tous les changements épidémiologiques qui vont survenir (augmentation de la transmission, de la mortalité, pic, etc.). Or, le rôle causal de la variation est souvent difficile à démontrer et on pourra potentiellement omettre d'autres facteurs: mesures sanitaires en vigueur, âge et facteurs de risque des personnes touchées, cas asymptomatiques, climat, pollution atmosphérique, conditions de transmission…

Aujourd'hui, nous avons un peu plus de recul sur le variant B.1.1.7. Et, même si nous sommes encore dans les hypothèses, on peut avancer qu'il est probable qu'il soit, tel qu'il est observé sur le sol britannique, plus contagieux (mais plutôt de l'ordre de +35% et non de +70% comme initialement annoncé) et plus mortel (1,36 fois) que le virus originel.

Ces résultats sont tout frais puisqu'ils ont moins d'une semaine, mais ils doivent évidemment amener à une certaine vigilance, même si la situation en France est tendue mais pas encore dramatique. En effet, qui dit contagiosité accrue, dit augmentation du R effectif et difficultés supplémentaires pour le faire descendre. Cela suppose aussi –que la mortalité soit plus importante ou non– une hausse des cas graves et donc des hospitalisations.

Vaccination et fermeture des écoles, deux nouveautés

Idéalement, dès décembre, nous aurions dû mettre en place un certain nombre de mesures pour contenir le virus. Celles proposées par le collectif Contain Covid nous semblent particulièrement opportunes, du moins l'auraient-elles été il y a un mois....

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