Un chauffeur de VTC : « Uber, ils nous ont flingués »

France

Quelles sont les raisons de la contestation des chauffeurs de VTC ? L’un d’eux détaille à Rue89 l’évolution de ses revenus depuis qu’il a commencé à travailler pour Uber.

En colère contre les plateformes de réservation comme Uber, quelques chauffeurs de VTC se sont rassemblés ce dimanche matin aux abords de l’aéroport de Roissy, en région parisienne.

Trois organisations de chauffeurs, Unsa-VTC, Capa-VTC et Actif-VTC, ont lancé plus tôt dans la semaine une mobilisation contre les plateformes de réservation pour réclamer entre autres une meilleure rémunération.

Jean-Luc Albert, président d’Actif-VTC, détaille à Rue89 les raisons du mouvement : 

  • Le prix minimal d’une course jugé trop faible. « Uber décide de manière unilatérale de ses tarifs, qui sont très bas : on veut qu’ils remontent. »
  • La commission que prélève Uber, de 25% : « Nous souhaitons la voir passer à 15%. »
  • Les déconnexions arbitraires. Jean-Luc Albert explique que fréquemment, des chauffeurs sont déconnectés de l’appli, « sans qu’ils puissent s’exprimer ou se défendre ». « Si un client assure qu’un chauffeur l’a insulté, par exemple, Uber va vous déconnecter sans vous appeler et sans vérifier. »
  • Du dialogue : « Toutes décisions tarifaires devraient faire l’objet de discussions bilatérales. »

« Pour 16 heures de travail par jour, un chauffeur gagne à peine le smic », dénonce Jean-Luc Albert, qui explique que les chauffeurs finissent par travailler plus d’heures.

« C’est ce qui explique la multitude d’accidents que l’on constate aujourd’hui. »

Le secrétaire d’Etat aux transports, Alain Vidalies, avait appelé samedi à mettre fin aux violences et aux blocages. Pour tenter de trouver une sortie de crise, il va recevoir ce lundi à 10 heures les représentants des chauffeurs et les plates-formes de VTC.

 « Venez travailler pour nous »

Abdel, la trentaine, travaille comme chauffeur VTC à Paris depuis 2012, principalement pour Uber, et est adhérent à l’Unsa-VTC. Il a accepté de témoigner sous pseudo de l’évolution de ses revenus et de sa situation professionnelle.

Le chauffeur raconte qu’il gagnait jusqu’à 2 500 euros net par mois pour 50 à 60 heures de travail, avant la baisse des tarifs du service de VTC UberX, en octobre 2015. Les prix avaient alors diminué de 20%, mais pas les commissions prélevées sur les courses. On était déjà loin du temps où Uber, pour se lancer, proposait aux chauffeurs une rémunération de 45 euros par heure, peu importe le nombre de clients.

« Uber nous a dit “venez travailler pour nous pendant vos heures creuses, on vous garantit 45 euros de l’heure” », relate Abdel.

« Une fois qu’ils ont eu assez de chauffeurs, que l’appli est rentrée dans les mœurs, ils nous ont dit “à partir d’aujourd’hui, ce sera tant”. Ils ont baissé les prix. »

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