Twitter, ou la censure sur mesure

Internet

Quand Twitter a choisi d'alerter les internautes contre certains contenus, cela sentait déjà le roussi. | Ravi Sharma via Unsplash

Le réseau social est devenu Big Brother.

Le 18 juillet dernier, on s'en souvient (ou on s'en fout), un incendie s'est déclaré dans la cathédrale de Nantes –une drôle de loi des séries décidément, après celui de Notre-Dame.

Dans la nation fille aînée de l'Église, l'émotion était à son comble, plus particulièrement chez les catholiques, pour qui le symbole était aussi fort que douloureux, mais aussi chez les fans de vieilles pierres, les médiévistes, la population nantaise, les pyromanes, bref, chez tout un tas de gens qui n'ont pas manqué de témoigner de leur ressenti sur divers réseaux sociaux.

Très vite sur Twitter, que je fréquente assidûment, tant par plaisir que pour des raisons professionnelles, de magnifiques images de la cathédrale en feu sont apparues.

(D'avance toutes mes excuses pour l'égotisme de cet article, il va d'abord être beaucoup question de moi.)

J'ai ajouté ma pierre à l'édifice en commentant que je trouvais ces images tristes, mais belles:

À ce moment-là, l'enfer de Twitter s'est ouvert, et je suis tombée dedans.

Le pied dans un nid d'extrémistes

Tous les abonnés de ce réseau social qui compte 330 millions d'utilisateurs savent que les haters et autres trolls existent. Je le savais aussi. Pourtant, on n'en comprend la portée que lorsqu'ils vous repèrent et font de vous une cible.

Mon tweet, que j'assume, n'était pas un appel à la haine ou à la pyromanie, ni une volonté de harceler quiconque. C'était un constat esthétique teinté de tristesse (pour une raison toute culturelle: je suis attachée aux vieilles pierres et à leur histoire). Il a été perçu comme provocateur, je le comprends aussi. Il ne l'était pas. Quand bien même l'eût-il été, la provocation n'est pas interdite sur Twitter.

À ce moment-là, j'ai mis le pied à mon corps défendant dans un nid d'extrémistes religieux qui n'ont pas tardé à me faire connaître leur sentiment quant à ce qu'ils estimaient être un affront anti-catholique.

La plupart des énervés qui m'ont reproché mon message m'ont demandé si j'aurais osé dire la même chose d'une mosquée ou d'une synagogue. Une grande majorité, constatant que j'étais rousse, ont très vite conclu que j'étais forcément une sorcière et que je méritais le bûcher, montrant par là leur attachement aux valeurs les plus historiques de l'Église (qui, me semble-t-il, a pourtant cessé de les prôner).

(Si vous trouvez ça violent, dites-vous qu'hors de Twitter, certains ont franchi un cap supplémentaire avec appel au meurtre et apologie du terrorisme l'air de rien –le gras et le soulignage sont d'origine–, mais c'est une autre histoire.)

Bon, je dois admettre que certains tweets m'ont fait rire, comme celui-ci, dont la référence à La Cité de la peur est de toute évidence involontaire...

Lire la suite sur Slate.fr - Twitter, ou la censure sur mesure

 

Articles en Relation

Le chemin de croix des humoristes 2.0 sur Facebook L'humour de la page «Complots faciles pour briller en société» semble rester obscur pour la modération automatique de Facebook comme pour celui de ses...
Les ados ne vont pas sur TikTok uniquement par narcissisme Léa Elui a 12,8 millions d'abonnés sur TikTok. | Capture d'écran via TikTok Contrairement à d'autres réseaux sociaux, TikTok a un fort potentiel créa...
Avec l'interdiction de TikTok, la population indienne a perdu bien plus qu'une a... Enregistrement d'une vidéo TikTok sur un toit d'Hyderabad, le 14 février 2020. | Noah Seelam / AFP En Inde, la célèbre application offrait une é...
Victimes de cyber-harcèlement, des utilisatrices de Curious Cat sonnent l'alarme «Quand on reçoit “je vais te violer, te tuer”, c'est de suite réel.» | Peter Bucks via Unsplash Depuis parfois plus d'un an, de nombreuses jeunes fem...

FOTOLIA BANQUE D'IMAGES

Fotolia  

PARTENAIRES INTERNET

ACTUALITÉS SHOPPING IZIVA