TousAntiCovid: nouveau nom, mêmes erreurs

Santé

L'application TousAntiCovid n'a qu'une poignée de fonctionnalités en plus que sa première version, StopCovid. | Damien Meyer / AFP  

Les premières statistiques d'utilisation de l'appli gouvernementale indiquent un regain d'intérêt de la population française. Quand elle réalisera qu'on lui a resservi le même plat sous une nouvelle cloche, il y a de bonnes chances que le soufflé retombe.

Le succès n'a pas été au rendez-vous pour StopCovid, l'application de contact tracing développée par l'État français dans le cadre de sa stratégie de lutte contre l'épidémie de Covid-19. Après un démarrage pour le moins poussif début juin, l'application, qui n'avait pas dépassé la barre des cent signalements à la fin de l'été, a vite été rangée au rayon des rendez-vous ratés de la France avec le numérique.

Si la technologie peut certainement aider à lutter contre le virus, les raisons de l'échec de StopCovid étaient prévisibles. Comme nous l'écrivions au moment de sa sortie, trois erreurs ont plombé le projet: trop d'acteurs autour de la table pour faire les bons choix, une architecture centralisée gourmande en données et qui empêchait toute interopérabilité avec nos voisins européens, et enfin une communication ratée au point que le Premier ministre lui-même ignorait, il y a deux semaines, jusqu'au nom de l'application.

Erreurs et critiques

Au carrefour de ces trois erreurs, les principales critiques à l'égard de StopCovid reposaient sur le refus de recourir, pour le développement de l'application, au dispositif de détection «clés en main» développé en commun par Apple et Google. Au nom de la souveraineté numérique de la France, le secrétaire d'État à la Transition numérique et aux Communications électroniques, Cédric O, a opté pour la centralisation des données sur des serveurs contrôlés par les services de l'État, ce qui a ralenti et complexifié le développement et surtout engendré d'importants coûts d'hébergement et de maintenance.

Cette approche n'a convaincu aucun de nos voisins européens. Ces derniers se sont finalement tous tournés vers la solution proposée par Apple et Google, dont l'architecture décentralisée –les données ne quittant pas le téléphone de l'utilisateur– offrait davantage de garanties en termes d'anonymat et de protection des données. Elle était au demeurant bien plus rapide à mettre en œuvre, les développeurs pouvant se reposer sur les «briques» logicielles fournies par les deux géants américains, et même moins chère, puisqu'elle n'impliquait aucun coût d'hébergement.

Une vraie-fausse nouvelle application

Au moment où Emmanuel Macron annonçait «une nouvelle application» visant à «apprendre de nos erreurs», il était permis d'espérer que le gouvernement revoie sa copie pour adopter une approche un peu plus pragmatique et un peu moins idéologique.

Toutefois, la lecture des informations publiées par le ministère de la Santé révèle que, contrairement à ce qui avait été annoncé, TousAntiCovid n'est pas une «nouvelle application» mais simplement «une version enrichie et interactive de la première application StopCovid».

Au menu de cette vraie-fausse nouvelle application: des informations sur la progression du virus (déjà abondamment diffusées par ailleurs), une carte des centres de dépistage (en réalité, un simple lien vers le site du ministère de la Santé), et l'accès aux diverses attestations requises hier pour braver le couvre-feu, demain pour se déplacer pendant le confinement (ici encore, un renvoi vers le site du ministère de l'Intérieur)....

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