«Tiger King», pas un personnage pour rattraper l'autre

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Joe Exotic et consorts ont attiré 34 millions de personnes devant leur écran outre-Atlantique. | Capture d'écran via YouTube 

Très populaire sur les réseaux, «Au Royaume des Fauves (Tiger King)» est un divertissement précieux en période de confinement.

Depuis le 20 mars, et en l'espace de dix jours, plus de 34 millions d'Américain·es ont été captivé·es par les aventures de Joe Exotic et consorts, adeptes des «gros chats» et personnages hauts en couleurs. Cette docu-série se place à mi-chemin entre la télé-réalité un peu trash et le documentaire de true crime. Le Royaume des Fauves (Tiger King en version originale), réalisé par Rebecca Chaiklin et Eric Goode sur une période de cinq ans, est une véritable pépite en période de confinement.

On se laisse volontiers embrigader dans le quotidien de Joe Exotic, propriétaire peroxydé et piercé d'une ménagerie en plein Oklahoma, parfois attachant mais surtout exaspérant dans ses dérives et délires, régnant sur un royaume fait d'employé·es exploité·es, de jeunes hommes manipulés et de félins privés de liberté. Pourtant, s'il est le héros du documentaire, il n'est qu'un des membres d'une galerie d'affreux personnages, dont on se demande encore lequel on pourrait sauver.

L'orgueil du tigre

Mégalomane assumé, Joe Exotic Schreibvogel aime se mettre en scène et se complaît dans l'adoration qu'il suscite. Dans les deux premiers épisodes, on peut lire la dévotion, mais aussi une réelle admiration dans les yeux de ses employé·es. Chacun·e loue la détermination de Joe pour tenir la barque malgré les attaques des personnes qui défendent les animaux contre son établissement, attaques menées par sa némésis, Carole Baskin (fondatrice du sanctuaire Big Cat Rescue). Le personnage étant bon vendeur, la boutique de souvenirs de son zoo s'agrémente de t-shirts, slips et autres accessoires à son effigie, sans oublier ses albums de country. Cependant, l'orgueil n'a pas de répit et Joe recherche toujours de nouveaux moyens de briller. Ses vidéos sur internet ne suffisent plus. Heureusement pour lui, un producteur messianique le proclame «Tiger King» et lui construit un trône pour asseoir sa puissance.

Après une candidature expresse aux élections de 2016, l'ami des gros chats investit plus durablement dans sa campagne de 2018 afin de devenir gouverneur d'Oklahoma en se ralliant aux libertarien·nes. Sa vanité s'exprime alors sous forme de défilés sur des chars ou des limousines et dans des distributions de préservatifs à son image –qui finiront d'enfoncer le clou de sa déroute financière. Ce génie de la communication fait un dernier coup d'éclat: il fuit en libérant quelques bêtes sauvages au passage. Moins un point pour l'originalité (du déjà vu) mais plus un pour l'audace.

Qui veut gagner des millions?

Deuxième vice et pas des moindres dans cette série: la cupidité dont se rend coupable la quasi totalité du casting. Joe Exotic, Carole Baskin, Doc Antle (fondateur du zoo T.I.G.E.R.S.), Jeff Lowe (homme d'affaires qui a investi dans le zoo de Joe), Tim Stark (gérant de son propre zoo), tous ces gens vivent et prospèrent de l'exploitation d'animaux sauvages.

Si certain·es se targuent de les respecter et même de les sauver, la plupart les achète dans le seul but de s'enrichir. Ces animaux exotiques sont enfermés dans des cages, promenés en laisse, exhibés à travers le pays (et même au Congrès des États-Unis), fouettés, reproduits et euthanasiés. D'après les services américains de la faune sauvage, il y aurait plus de tigres dans des cages américaines que de tigres en liberté dans le monde entier. Soit plus de 5.000 «gros chats» (big cats comme ils les appellent), dont seulement 6% se trouveraient dans des zoos. Les autres sont gardés chez des particulièr·es ou dans des établissements dépourvus de licence fédérale.

Cette cupidité peut aussi s'avérer fatale. D'après les allégations de Joe (mises en scène dans sa chanson «Here Kitty Kitty») et d'autres protagonistes, Carole Baskin, grande défenseuse des félins, aurait tué son deuxième mari, millionnaire, pour mettre la main sur sa fortune.

Des allégations que la principale intéressée réfute avant de donner, dans un épisode, l'avertissment suivant: «Si quelqu'un voulait te tuer, il devrait sûrement mettre de l'huile de sardine sur tes chaussures.»

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