«The L Word» a aussi beaucoup appris aux hétéros

Sociétés

Les aventures de Bette, Tina et Jenny n'étaient pas réservées aux lesbiennes: pour nombre d'hommes et femmes hétérosexuelles, la série était une véritable bouffée d'air frais.

En 2004, alors que Sex and the City s'apprête à tirer sa révérence, la chaîne américaine Showtime diffuse le premier épisode de The L Word. C'est une petite révolution, au moins aussi importante que celle impulsée par son aïeule.

The L Word raconte les aventures amoureuses et sexuelles d'un groupe de copines belles, riches, indépendantes et libérées, comme Sex and the City. Mais à la différence de Carrie, Miranda, Samantha et Charlotte, Shane, Alice, Bette, Tina et les autres se fichent pas mal des hommes et de l'Empire State Building: elles sont lesbiennes et habitent à Los Angeles –du jamais vu!

La série devient vite culte, au point que Showtime a décidé de la faire revenir sur nos écrans sous la forme d'un sequel baptisé The L Word: Generation Q (diffusé en France sur Canal+, à partir du 9 décembre). Les amies sont désormais quadragénaires et entourées de vingtenaires davantage queers que lesbiennes.

Les fans trépignent d'impatience. Avant même la sortie de la série, son compte Instagram est déjà suivi par près de 110.000 personnes. Parmi elles, beaucoup d'hétéros. Mais qu'est-ce qui les attire dans ce drama lesbien?

Découverte et identification

«Je pense qu'inconsciemment, The L Word me plaisait car cela me permettait de découvrir un univers différent du mien, un monde que je ne connaissais pas du tout, se souvient Paul, un trentenaire hétéro. Dans mon lycée, peu de personnes homosexuelles osaient vivre leur sexualité ouvertement. Cela me permettait d'élargir mon horizon tout en regardant une série sympa à regarder».

C'est en regardant la série que Fadila a réalisé qu'il n'y avait pas tant de différences entre des personnes hétéro et LGBT+. «J'étais surprise de constater que je pouvais m'identifier à elles dans leur quotidien, même si je suis hétéro, indique la quadragénaire. Entre ça et l'esthétique de la série, la place de la mode et de la culture, je me suis investie et je ne me voyais plus arrêter la série.»

Chez Clément, The L Word a été le début d'un intérêt pour les séries mettant en scène des minorités de genre et sexuelles: «La plupart des séries restent hétéronormées. Je fais un effort pour dénicher des séries LGBT, cela me permet d'être quelqu'un de plus inclusif. Si je les regarde, c'est parce qu'elles m'intéressent en tant qu'objet culturel, de divertissement, mais aussi par choix politique.»

Pour d'autres, le fait que les personnages soient des lesbiennes n'avait finalement que très peu d'importance. Michael, un quadragénaire, a en premier lieu été attiré par le décor californien de la série. «J'ai commencé à regarder The L Word principalement parce que ça se passait à Los Angeles, qui était –et est toujours– ma ville préférée, expose-t-il. À l'époque, au début des années 2000, la ville n'était pas très à la mode: la majorité des séries se déroulaient à New York ou Miami.»

Et puis, il y avait le casting: «J'ai grandi dans les années 1980 avec Flashdance. Jennifer Beals [l'actrice principale du film et l'interprète de Bette dans The L Word, ndlr], c'est l'un des plus gros béguins de ma vie. Il y avait aussi Pam Grier, icône de la blaxploitation, qui incarnait l'un de mes personnages préférés dans la série.»...

Lire la suite sur Slate.fr - «The L Word» a aussi beaucoup appris aux hétéros

Articles en Relation

Le retour de «Caméra Café» a-t-il encore du sens en 2021? Le temps des cafés (et des chemises rayées...). | Capture d'écran via YouTube «Caméra Café» est censé revenir pour un épisode événement fin 2021. Est...
La «Trilogie du samedi» a créé des modèles féminins pour toute une génération «Pendant une soirée par semaine, je voyais des meufs considérées “banales” constamment sauver le monde.» | Affiches de Buffy contre les vampires, Char...

ACTUALITÉS SHOPPING IZIVA