«The Crown», saison 4: ce qui est vrai, ce qui est faux

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La princesse Diana acclamée dans une scène de la saison 4 de «The Crown». | Capture d'écran via YouTube

La dernière saison des aventures de la famille royale est tirée de faits réels. Mais pas que.

La saison 4 de The Crown raconte l'histoire de trois reines: Elizabeth, celle qui trône pour de vrai; la Première ministre Margaret Thatcher, reine des abeilles du parti conservateur, et Diana, la «reine de cœur» des médias.

La nouvelle saison explore à la fois la dissension entre la reine et sa Première ministre alors que Thatcher, libre-échangiste convaincue, réduit le filet de sécurité social de la Grande-Bretagne à la portion congrue dans les années 1980, et entre Charles, prince de Galles, et sa nouvelle épouse. Elle continue de développer le thème qui sous-tend toute la série: la détermination à préserver l'institution monarchique, quoi qu'il en coûte au bonheur individuel des membres de la famille royale, au moment où Diana fait son entrée en scène.

Selon Annie Sulzberger, directrice des recherches de la série, ce ne sont pas des scénaristes qui occupent la writers' room, la pièce où sont écrits les scripts de chaque épisode, mais une équipe de chercheurs. Les faits semblent pourtant principalement là pour fournir une toile de fond à ce qui intéresse vraiment Peter Morgan, le créateur de la série: les conversations privées qui se tiennent entre les événements publics.

Par exemple, qu'a dit Diana à Charles après la séance photo de leurs fiançailles où, lorsqu'on lui a demandé s'il était amoureux, le prince a répondu «si amoureux veut dire quelque chose»? Qu'a vraiment pensé la reine de l'effondrement du secteur industriel britannique causé par les politiques thatchériennes et le chômage massif qui s'est ensuivi?

Morgan a de toute évidence tenté d'imaginer de façon cohérente ces interactions personnelles et nous ne connaîtrons peut-être jamais leur degré d'exactitude. Mais quid des événements qui ponctuent ces rencontres, et dont certains semblent avoir été forcément inventés dans un but sensationnaliste? Détail.

Intrusion au palais

Dans l'épisode 5, un peintre décorateur au chômage réussit à traverser la cour de Buckingham Palace sans être repéré, à se hisser sur une gouttière, à forcer une fenêtre de l'étage et à trouver son chemin jusqu'à la chambre à coucher de la reine endormie.

Heureusement pour Elizabeth, l'intrus n'a pas de mauvaises intentions, il est seulement un peu instable émotionnellement et au bout du rouleau à cause de son chômage prolongé, de son épouse éprise d'un autre homme et du fait qu'il ne puisse plus voir ses enfants après qu'il a agressé le nouveau petit ami de leur mère devant eux. Ce qu'il veut, c'est lui expliquer à quoi ressemble vraiment la vie de ceux qui n'ont rien afin qu'elle puisse demander des comptes à Thatcher à la prochaine audience de la Première ministre. Sa grande habitude de rencontrer de parfaits inconnus est d'une grande aide à la reine qui, malgré son effroi, lui prête une oreille attentive si bien que lorsque la police finit par faire irruption, il part sans faire de vagues. Cet incident ne fait qu'alimenter le malaise d'Elizabeth vis-à-vis des politiques de Thatcher.

Si cette intrusion s'est réellement produite, son auteur, Michael Fagan, a confié à un journaliste britannique en 2012 que loin d'avoir papoté pendant dix minutes avec lui, la reine «m'est passé devant et s'est précipitée hors de la pièce, ses petits pieds nus courant sur le plancher». Et c'est un valet de pied sans arme qui l'a retenu en attendant l'arrivée de la police.

Ce qui est vrai c'est qu'aussi incroyable que cela paraisse, il avait déjà fait le coup un mois auparavant et avait vraiment eu le temps de descendre une demi-bouteille de vin avant de s'échapper sans se faire remarquer. Mais il semble que Fagan n'était pas ce Monsieur Tout-le-monde malchanceux que décrit la série, et qu'il n'avait pas non plus d'idée politique derrière la tête. «Je ne sais pas ce qui m'a pris, il s'est juste passé un truc dans ma tête, a-t-il raconté. J'y suis retourné parce que je me suis dit “C'est osé, c'est osé de pouvoir me balader là-dedans.”»

Fagan met ses actes sur le compte d'un excès de champignons hallucinogènes consommés cinq mois auparavant, et a déclaré: «Deux ans plus tard, j'étais encore en train de redescendre. J'ai été défoncé au champignons pendant très, très longtemps.»...

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