Sylvia Robinson, mère de l'industrie hip-hop et bien plus encore

Musique

Sylvia Robinson a marqué l'histoire de la musique moderne par ses chansons, son originalité, et son incroyable sens du coup. | Capture d'écran electromind1 via YouTube

Guitariste, chanteuse, femme d'affaires, directrice artistique, manageuse... En plus de trente ans, elle a arboré toutes les casquettes musicales et rencontré le succès par bien des manières.

Sylvia Robinson était surnommée «The Mother of Hip-Hop». Pourtant, elle n'est en rien la mère de cette musique et de cette culture nées cinq années avant que la chanteuse et productrice ne vienne y fourrer son nez. Cependant, il faut reconnaître une chose: elle est bien celle qui a propulsé le rap dans une ère industrielle et commerciale, celle qui, avant tout le monde, a compris qu'il y avait des millions à se partager en exploitant ce filon naissant.

Sylvia Robinson, considérée à la fois comme une entrepreneuse géniale et comme une traîtresse à l'esprit qui habitait le hip-hop des débuts, a marqué l'histoire de la musique moderne. Par ses chansons, par son originalité, et par son incroyable sens du coup.

La guitare n'est pas un instrument d'hommes

Comme le rap, Sylvia Vanderpool, de son vrai nom, est une enfant de New York. Poussée très tôt vers la musique par des parents mélomanes, elle montre dès la préadolescence des prédispositions pour le chant. Sa grande sœur, d'ailleurs, est chanteuse lyrique. Mais c'est le jazz, le blues, les classiques country et le rhythm & blues qui ont ses faveurs. «Je chantais depuis mes 11 ou 12 ans, racontait-elle au magazine Dazed en 2000, lors d'une de ses très rares interviews. Le week-end, je partais loin de l'école pour chanter dans des revues. Puis, mon beau-frère m'a emmenée voir différentes maisons de disques, et ainsi de suite. C'est comme ça que j'ai commencé dans le métier.»

En 1950, Sylvia a 15 ans lorsqu'elle est découverte par un agent de Columbia. Elle est invitée à chanter avec le trompettiste Hot Lips Page sur le morceau «Chocolate Candy Blues», sexuellement assez explicite, et signe ensuite sur le label Savoy.

Dans ce même label, il y a un guitariste de studio originaire du Kentucky, Mickey Baker. Little Sylvia le rencontre plusieurs fois à partir de 1953, jusqu'à ce qu'il devienne son professeur de guitare. À l'époque, le bonhomme est très certainement le gratteux le plus demandé dans la scène rhythm & blues new-yorkaise. C'est notamment lui qui tient le manche sur le classique «I Put A Spell On You» de Screamin' Jay Hawkins, sur «Losing Hands» de Ray Charles ou encore sur «Cladonia» de Louis Jordan. «Dès que j'ai appris à jouer de la guitare, j'ai eu envie d'écrire des chansons», rembobine Sylvia Robinson.

Très vite, les deux compères fondent un duo: Mickey & Sylvia. Leur premier succès, et pas des moindres, est le titre «Love Is Strange», sorti trois ans après leur rencontre et vendu à plus d'un million d'exemplaires. Un rhythm & blues aux influences latines savoureuses qui connaîtra une seconde vie en figurant sur la bande originale du film Dirty Dancing en 1987. Déjà, Sylvia laisse éclater ses talents d'arrangeuse, bien loin de laisser le monopole de la direction musicale à son compère masculin....

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