Soupçons de « maltraitance et d'agressions sexuelles » dans une école catholique hors contrat du Cher - Le Monde

Actualités

La fin de l’année scolaire a commencé plus tôt que prévu pour les 109 élèves de L’Angélus, établissement privé catholique hors contrat situé à Presly (Cher), village d’à peine plus de 250 habitants situé entre les villes d’Aubigny-sur-Nère et de Neuvy-sur-Barangeon. Un arrêté de fermeture a été pris par la préfecture du Cher, vendredi 2 juin, « sur le fondement de la protection de l’enfance, au regard de l’enquête judiciaire en cours », a appris l’AFP auprès de la préfecture. Il s’agit d’une fermeture temporaire jusqu’au 8 juillet – date du début des congés d’été – en attendant les résultats des investigations. L’enquête préliminaire a été ouverte dès le 2 juin.

Les soupçons qui pèsent sur cet établissement traditionaliste ouvert en 2010 sont nombreux. « Il ne s’agit pas d’éléments de dysfonctionnement, mais constitutifs d’infractions pénales : des mauvais traitements sur des enfants (violences, privations de repas, punitions à caractère corporel…) et des soupçons d’infractions de nature sexuelle », a précisé le procureur de la République de Bourges, Joël Garrigue, lors d’une conférence de presse organisée vendredi. Des soupçons de « travail dissimulé » et d’« infractions d’ordre économique et financier » ou d’« escroquerie » ont également été évoqués.

« Angle mort »

Une opération de gendarmerie d’une ampleur inédite a été lancée, dans la matinée de vendredi, pour mener la perquisition dans les locaux de l’école « suite à des informations venues à la connaissance de l’Education nationale » a précisé le procureur. Une soixantaine d’enfants ont été entendus de façon individuelle. Le directeur de l’établissement, l’abbé Régis Spinoza, a été placé en garde à vue, essentiellement pour s’assurer de sa présence durant la perquisition. La garde à vue avait été levée samedi matin.

Sur le site Internet de L’Angélus, on apprend que l’établissement, qui accueille des élèves du CE1 à la terminale, est mixte au primaire seulement ; les classes de collège et de lycée sont réservées au garçon, internes. Il est présenté comme « indépendant » mais « reconnu canoniquement auprès du diocèse Bourges depuis le 2 juillet 2016 ». La liturgie « selon la forme extraordinaire », les sacrements dispensés « selon les livres liturgiques de 1962 » et la formation catéchétique sont présentés comme les « piliers éducatifs » de l’institution.

Samedi 3 juin au matin, le ministère de l’éducation nationale n’apportait pas de précision supplémentaire. Signalement de familles ou d’enseignants ? Rapport d’inspection défavorable ? On ignore encore comment l’alerte a été donnée. Les établissements hors contrat – par opposition aux écoles privées, qui ont passé un contrat avec l’Etat, au sens de la loi Debré de 1959 – ont longtemps constitué un « angle mort ». Il est vrai que ce secteur pèse peu : les 1 300 structures recensées à la rentrée 2016, dont un quart environ d’écoles catholiques, accueillent un peu plus de 62 000 élèves, sur un total de 12 millions. Mais leur nombre augmente : quelque 90 écoles ont ouvert leurs portes à la rentrée 2016.


Lire la suite : Soupçons de « maltraitance et d'agressions sexuelles » dans une école catholique hors contrat du Cher - Le Monde


Articles en Relation

Pourquoi il faut s’intéresser aux émotions des enseignants débutants Émotions et cognition sont indissociables. Shutterstock Pourquoi il faut s’intéresser aux émotions des enseignants débutants ...
Jeunesse, sentiments et sexualités : comment certaines séries Netflix parlent de... needpix.com Philippe Martin, Inserm; Corinne Alberti, Université de Paris; Elise de La Rochebrochard, Institut National d'Études Démographiques...

ACTUALITÉS SHOPPING IZIVA