Risques, allergies... les idées reçues sur les vaccins à ARN contre le Covid

Santé

Une dose du vaccin Pfizer-BioNtech contre le Covid-19, en Israël le 31 décembre 2020. | Jack Guez / AFP

Les vaccins à ARN peuvent-ils modifier notre génome??Entraîner des allergies? Ont-ils été développés trop rapidement? Le point sur les idées reçues concernant des vaccins pas si récents.

ARNm: quatre lettres qui ont fait le tour de la planète et désignent ce qui ressemble de plus en plus à une avancée majeure dans le domaine de la vaccination. Mais de quoi parle-t-on exactement?

Les ARN (pour acides ribonucléiques) sont des molécules dont la structure est proche de celle des molécules d'ADN (acide désoxyribonucléique). Beaucoup moins stables que ces dernières, ce qui signifie qu'elles sont plus facilement détruites, les molécules d'ARN jouent toutefois de nombreux rôles dans les cellules. Ceux-ci varient selon la classe d'ARN considéré: ARN de transfert ou ARN ribosomique qui interviennent dans l'assemblage des protéines, ARN guides qui aident à positionner certaines enzymes au bon endroit… Aujourd'hui encore, de nouvelles classes d'ARN possédant diverses fonctions biologiques sont découvertes.

L'ARN utilisé pour la vaccination appartient à la classe des ARN messagers (ARNm). Ces petites molécules sont connues depuis les années 1960, époque à laquelle François Jacob et Jacques Monod, deux scientifiques français, ont joué un rôle prépondérant dans sa découverte. Les ARN messagers sont présents de manière fugace dans nos cellules. Ils constituent en quelque sorte le «plan de montage» des protéines: dans le noyau de la cellule, l'information correspondant à une protéine donnée, portée par l'ADN, est «recopiée» sous forme d'une molécule d'ARNm. Celle-ci passe ensuite dans le cytoplasme (l'espace compris entre le noyau de la cellule et sa membrane). Elle y sera lue par les ribosomes, les unités chargées de la production des protéines, puis détruite.

C'est sur cette fonction que reposent les vaccins à ARNm. Le principe est en effet d'injecter dans les cellules l'information leur permettant de produire une protéine de l'agent infectieux contre lequel on souhaite obtenir une immunité. Les cellules de l'individu·e vacciné·e fabriqueront elles-mêmes le constituant viral en question, ce qui déclenchera une réponse immunitaire.

Il a longtemps été difficile de travailler avec les molécules d'ARN, en raison de leur fragilité. Mais grâce aux progrès scientifiques, les choses ont changé, et l'on peut aujourd'hui envisager d'utiliser les ARNm comme vaccin.

Quels sont les avantages et les désavantages des vaccins à ARN?

Utiliser l'ARNm pour vacciner présente de nombreux avantages. Tout d'abord, c'est une approche vaccinale plus sûre dans toutes ses étapes, de la conception à l'utilisation, car aucun être vivant n'est manipulé. La fabrication des vaccins à ARNm est aussi devenue plus «simple» que celles des autres types de vaccins, qu'il s'agisse de vaccins vivants atténués (basés sur l'emploi d'agents infectieux vivants modifiés afin qu'ils perdent leur pouvoir infectieux) ou de vaccins inactivés (qui contiennent des agents infectieux «tués» ou des fragments d'agents infectieux).

La production de ces deux types de vaccins contre des virus nécessite en effet le plus souvent de recourir à des cultures de cellules ou à des œufs embryonnés, dans des conditions très contrôlées. Les vaccins à ARNm s'affranchissent de ces étapes coûteuses, car ils sont produits par synthèse chimique. En outre, contrairement aux vaccins vivants atténués, le risque de retour à la virulence est nul, puisqu'ils ne contiennent pas d'agent infectieux.

Outre le fait que les vaccins à ARNm sont faciles à produire et peu onéreux, leur adaptation à l'évolution des agents pathogènes peut se faire rapidement. Si un nouveau variant viral muté contre lequel le vaccin serait moins efficace émerge, il suffit (théoriquement!) de modifier la séquence de l'ARNm pour la faire correspondre à celle du nouveau variant viral afin de retrouver l'efficacité perdue.

Enfin, une conséquence de leur présentation originale au système immunitaire est que les vaccins à ARNm génèrent des réponses immunes équilibrées, entre les composantes cellulaire (lymphocytes) et humorale (anticorps). Or, ces réponses équilibrées sont plus efficaces pour la lutte contre les virus....

Lire la suite de cet Article sur Slate.fr - Risques, allergies... les idées reçues sur les vaccins à ARN contre le Covid

Articles en Relation

Pourquoi les antivax se méfient du vaccin contre le Covid-19 Les vaccino-sceptiques ne constituent pas une majorité. | Gustavo Fring via Unsplash Une enquête a révélé qu'entre 20 et 32% des Français·es ne se fe...
Un reconfinement nous permettrait de retrouver nos libertés d'ici à l'été Faut-il reconfiner? La question est sur toutes les lèvres. | Marina Khrapova via Unsplash À défaut de pouvoir mener une campagne de vaccination ...
Dans l'intérêt public, il faudrait connaître les prix des vaccins anti-Covid Les laboratoires restent des entreprises guidées par l'attrait du profit, qui segmentent le marché entre différentes variantes d'un même produit dont ...
Pourquoi le vaccin d'Oxford-AstraZeneca pourrait changer la donne Le vaccin développé par l’université d'Oxford et AstraZeneca présente plusieurs avantages. | Emin BAYCAN via Unsplash Très attendu en raiso...
Le gouvernement va-t-il rendre obligatoire la vaccination «altruiste» contre la ... L'hypothèse de sanctions en cas de non-vaccination a été évoquée en 2006 par les responsables politiques. | CDC via Unsplash Depuis 2006 en Fran...
Covid-19: vous n'imaginez pas tout ce que le masque en tissu peut faire pour vou... Bien que l'usage du masque en tissu soit assez généralisé, de nombreuses interrogations subsistent. | Vera Davidova via Unsplash Des épidém...

ACTUALITÉS SHOPPING IZIVA