Rien ne sera plus jamais comme avant

Santé

Nos modes de vie pourraient être durablement transformés par la pandémie de coronavirus. | //unsplash.com/@omerrana">Omer Rana via Unsplash 

Avec le coronavirus, l'avenir pourrait arriver plus vite que prévu.

Il y a quelques années, j'avais interviewé Tyler Morse, le promoteur en charge de la transformation en hôtel du Terminal 5 de l'aéroport international John-F.-Kennedy, à New York. Il m'avait expliqué que les activités de cet établissement, à l'origine conçu par l'architecte Eero Saarinen, seraient largement invisibles aux yeux des voyageurs venus passer un moment à siroter des cocktails dans l'atrium central. Pourquoi? Parce que son véritable poumon économique était son centre de conférences: une zone souterraine de bureaux et de salles de réception. «Une grosse partie de l'activité hôtelière aéroportuaire se joue dans la réunion de 12 à 15 personnes», avait ajouté Morse. «Les gens atterrissent, se rencontrent et repartent.» Pour cela, pas besoin de ville, juste d'un aéroport et d'une salle de conférences. Le monde des affaires avait déjà pris ses habitudes dans les hubs de Dallas ou de Chicago; dans son hôtel, les cadres américain·es allaient pouvoir retrouver leurs partenaires d'Europe, du Moyen-Orient ou d'Afrique. Avant de reprendre l'avion pour rentrer à la maison.

Il y a quelques années, j'avais interviewé Tyler Morse, le promoteur en charge de la transformation en hôtel du Terminal 5 de l'aéroport international John-F.-Kennedy, à New York. Il m'avait expliqué que les activités de cet établissement, à l'origine conçu par l'architecte Eero Saarinen, seraient largement invisibles aux yeux des voyageurs venus passer un moment à siroter des cocktails dans l'atrium central. Pourquoi? Parce que son véritable poumon économique était son centre de conférences: une zone souterraine de bureaux et de salles de réception. «Une grosse partie de l'activité hôtelière aéroportuaire se joue dans la réunion de 12 à 15 personnes», avait ajouté Morse. «Les gens atterrissent, se rencontrent et repartent.» Pour cela, pas besoin de ville, juste d'un aéroport et d'une salle de conférences. Le monde des affaires avait déjà pris ses habitudes dans les hubs de Dallas ou de Chicago; dans son hôtel, les cadres américain·es allaient pouvoir retrouver leurs partenaires d'Europe, du Moyen-Orient ou d'Afrique. Avant de reprendre l'avion pour rentrer à la maison.

Une réévaluation de notre mode de fonctionnement

À bien des égards, voici la réponse: le train-train quotidien. La pandémie fera des morts, garrottera les économies et sabordera les habitudes, mais elle passera. Les Américain·es ne vont pas arrêter d'aller à des matchs de basket. Ni de partir en vacances. Ils continueront les réunions professionnelles. Jusqu'à présent, aucune technologie décentralisée –ni les télégrammes, ni les téléphones, ni la télévision, ni internet– n'a pu étancher la soif humaine de contact, malgré toutes les prédictions contraires des technologues.

Il y a cependant de réelles raisons de penser que les choses ne reviendront pas à la normale de la semaine dernière. De petites perturbations créent de petits changements sociaux; les grosses changent la vie pour de bon. Le procès O.J. Simpson a contribué à faire chuter les audiences des feuilletons diffusés à la télévision en journée. En 1980, à New York, la grève des transports en commun pourrait avoir été à l'origine de nombreuses évolutions à long terme dans la ville –installation de pistes cyclables et de couloirs de bus, mise en place de navettes en minibus pour les quartiers mal desservis et femmes allant travailler en baskets. En 1918, la pandémie de grippe a permis le développement des systèmes de santé en Europe.

Ici et maintenant, la question ne se pose peut-être d'ailleurs pas en termes de préférences. Rien ne dit que South by Southwest, par exemple, soit encore vivant l'année prochaine. Ni que le secteur des croisières survive –Princess et Viking ont désormais suspendu toutes leurs activités et d'autres compagnies vont certainement suivre. Ni que les transports publics ne fassent pas faillite sans l'assistance du gouvernement fédéral. Les infrastructures pourraient ne plus être en place pour nous permettre de continuer nos activités comme en 2019.

Mais même avec l'aide fédérale aux secteurs et aux travailleurs les plus durement touchés, les institutions pourraient en venir à apprécier la nouvelle et plus distanciée normalité –d'autant plus si cela confirme des tendances d'ores et déjà à l'œuvre. Les campagnes électorales pourraient se faire avec moins de rassemblements et d'événements en direct, tandis que les entreprises pourraient recourir davantage au télétravail et s'installer dans des locaux plus petits. Les congés maladie pourraient devenir un droit national –un programme que défendent les Démocrates. Les entreprises pourraient revoir ce qu'elles estiment être un voyage réellement essentiel pour leur business. Peut-être allons nous concevoir des chaînes d'approvisionnement locales plus résilientes. «Cela va non seulement changer toute la structure des activités en Chine, mais aussi tout le réseau global qui relie la Chine au reste du monde», expliquait au Washington Post un spécialiste de l'économie chinoise, en ajoutant que les perturbations liées au coronavirus pourraient pousser les entreprises étrangères à se «découpler» de la Chine.

Tout cela n'aura aucun rapport avec la santé publique. Ces changements seront plutôt la conséquence d'une totale réévaluation de notre mode de fonctionnement, un processus qui ne date pas de cette épidémie...

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