Réagir sans surréagir face à votre ado accro aux jeux vidéo

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Les jeux vidéo, dès lors qu'ils sont pratiqués dans des usages sains, présentent un certain nombre d'atouts. | Stillness InMotion via Unsplash

Et si pour Noël, vous offriez à votre enfant un rapport sain aux jeux vidéo? Spoiler: ça passe aussi par réviser vos croyances.

«Mon fils de 13 ans passe tout son temps libre devant l'ordinateur à jouer. J'ai l'impression que ça le rend mou et sans initiative, raconte Émilie, 44 ans. Pendant les repas ou dans la voiture pour aller au collège, il ne parle que de ça. Moi, je me dis qu'il est accro mais je ne sais pas quoi faire à part couper le wifi quand il a trop joué.»

À force d'être alarmés par de nombreux messages relatifs à la prétendue nocivité des jeux vidéo, de nombreux parents s'inquiètent des pratiques de leur enfant et versent dans une défiance alors même que ces pratiques n'ont rien de problématique. Séverine Erhel, maîtresse de conférences en psychologie cognitive et ergonomie à l'Université Rennes 2 et spécialiste des jeux vidéo, invite à ce titre à faire la différence entre passion et usage problématique: «Le problème n'est pas le nombre d'heures passées, ni que le joueur soit investi ou passionné. On peut passer vingt heures par semaine à jouer et que ça soit un vecteur de socialisation normal et sain. La question se pose, en revanche, lorsque le jeu a des conséquences négatives sur la vie quotidienne.» 

Le Dr Bruno Rocher, médecin psychiatre et addictologue au CHU de Nantes, responsable de l'espace Barbara (centre de soins ambulatoires en addictologie) et coauteur du livre Mon enfant est-il accro aux jeux vidéo? déplore également un mésusage des termes «accro» ou «addict» dans le langage courant lorsque l'on aborde la question des jeux vidéo: «On emploie souvent ces mots pour parler de joueurs qui sont en fait de fins utilisateurs, des passionnés certes parfois un peu monocentrés, alors qu'il faudrait les réserver à des joueurs qui ont accumulé des usages problématiques.»

Tous deux invitent ainsi à un certain relativisme et tiennent à rassurer les parents. Dans son ouvrage, le Dr Rocher suggère même de penser, à contre-courant des discours alarmistes, aux apports du jeu vidéo pour les enfants et les adolescents. Outils de socialisations nouvelles et de développement cognitif et éducatif, les jeux vidéo, dès lors qu'ils sont pratiqués dans des usages sains, présentent un certain nombre d'atouts, en plus d'être un loisir.

C'est ce dont témoigne Caroline, maman d'un garçon de 14 ans: «Sam est très isolé et souvent moqué au collège, et ce d'autant plus qu'il a un TDHA [trouble du déficit de l'attention, ndlr]. Les jeux vidéo lui permettent de se socialiser. Ils contribuent également à lui redonner une certaine estime de lui: réaliser qu'il progresse très vite et a une rapidité d'exécution dans le jeu le réconforte.» Loin de diaboliser les jeux vidéo, elle remarque également: «Certains jeux ont permis à mon enfant de faire parler sa créativité qui est sabordée à l'école.»

Le terme «addiction» convient-il au jeu vidéo?

Tout irait donc parfaitement bien à la lueur des écrans? Pas tout à fait. En 2019, l'OMS a entériné la classification du «gaming disorder», ou «trouble du jeu vidéo», dans le cadre de la onzième révision de la classification statistique internationale des maladies et des problèmes connexes (CIM-11), reconnaissant ainsi l'existence d'usages problématiques du jeu vidéo. Faut-il pour autant parler d'addiction? La question est largement débattue et il n'y a pas de réponse qui fasse vraiment consensus.

Le Dr Rocher adopte le point de vue du clinicien et répond oui, dans le sens où ce trouble relève de l'addictologie: «En se référant au DSM-IV (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), on note une gratification des usages et mésusages qui relèvent de l'addiction: l'usage simple, d'abord; puis les abus ou usages à risque et, enfin, la dépendance. Dès lors que l'on touche aux usages à risque, c'est une problématique d'addictologie.» Il précise néanmoins que «les excès ponctuels voire des petites zones de dépendance font partie du parcours normal de l'individu. Ce n'est pas un drame d'avoir une phase addictive, ni que celle-ci nécessite une prise en charge.» ...

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