Qui sont les célibataires d'aujourd'hui en France?

Sociétés

Parmi les personnes n'ayant connu aucune période de célibat (d'au moins un an) depuis leur première relation amoureuse, 49% considèrent qu'«être en couple, c'est tout faire ensemble». | Ryoji Iwata via Unsplash

Les Bridget Jones de notre temps bousculent nos idées reçues et restituent au phénomène du célibat son entièreté.

Si pendant longtemps on a pointé les célibataires du doigt, de la vieille fille au célibataire endurci, on s'aperçoit finalement que la vie en solo résulte parfois d'un choix.

Vivre célibataire –ne pas ou ne plus être en couple– est une situation fréquente aujourd'hui et souvent même, renouvelée au cours de la vie. Quelles perceptions et quelles expériences en a-t-on, selon le milieu social ou le genre notamment?

L'analyse de l'enquête Epic sur les parcours individuels et conjugaux et d'entretiens approfondis auprès de célibataires éclaire, de façon parfois inattendue, la diversité des célibats contemporains et de leurs vécus.

Vivre à deux, vivre heureux?

Dans l'enquête Epic, menée par l'Ined et l'Insee en France métropolitaine en 2013-2014, une personne sur cinq âgée de 26 à 65 ans déclarait ne pas être en couple (21%) et une personne sur deux avait connu au moins un épisode de vie hors couple (d'un an ou plus) depuis sa première relation amoureuse importante. Fréquent, ce célibat concerne tout autant les hommes que les femmes (21%).

Néanmoins, la vie à deux est très majoritaire entre 26 et 65 ans et elle reste le modèle socialement valorisé. Les expériences rapportées par les célibataires ré-interviewés à la suite de l'enquête Epic en témoignent et convergent: quels que soient leur milieu social, leur sexe ou leur âge, leur histoire conjugale ou leurs aspirations, tous sont ou ont été incités par leur entourage à faire ou à refaire couple.

La vie à deux reste bel et bien la norme et le couple tient une place centrale dans les images sociales du bonheur. Un homme (36 ans, ouvrier, célibataire) explique ainsi: «C'est ancré dans la société que, pour être heureux, il faut vivre à deux.»

Des propos qui font écho à d'autres, comme ceux de cette femme (53 ans, cadre, séparée et mère d'un enfant): «Je pense que les gens ont envie de vous voir heureux, votre famille et vos amis. Et donc, bien souvent dans la tête des gens, être en couple... enfin, être seul, c'est pas être heureux.»

Pour autant, la vie célibataire n'est ni expérimentée, ni appréciée de la même façon par toutes et tous.

Le sexe du célibat

Les hommes se mettent en couple plus tard que les femmes; ils sont plus nombreux à être célibataires lorsqu'ils sont jeunes. Inversement, les femmes entrent plus tôt dans la conjugalité, et en sortent plus précocement aussi.

Passée la trentaine, qui constitue un temps fort de la vie conjugale pour les deux sexes –le taux de vie hors couple est alors très bas–, les séparations, les divorces et les veuvages n'affectent pas les femmes et les hommes de la même façon (figure 1).

À partir de la quarantaine, le taux de vie hors couple augmente pour les femmes sans jamais plus diminuer. Les parcours des hommes sont moins sensibles à l'âge. Moins touchés par le veuvage, ils se remettent aussi plus souvent et plus rapidement en couple après une rupture.

Figure reprise de Marie Bergström et Géraldine Vivier, 2020, «Vivre célibataire: des idées reçues aux expériences vécues», Population et Sociétés, n° 584. | Marie Bergström et Géraldine Vivier

On le voit, au fil de la vie, célibats masculins et célibats féminins ne se ressemblent pas. Ils ne sont pas non plus appréciés de la même façon: certes, femmes et hommes célibataires déclarent en majorité que leur célibat est «un choix» (46% des femmes et 34% des hommes) ou que «sans être vraiment un choix, leur situation leur convient» (25% des femmes et 28% des hommes), mais les femmes sont plus affirmatives que les hommes qui, eux, sont plus nombreux à aspirer à une relation amoureuse importante (28% contre 24% des femmes) ou à souhaiter une ou des relations sans s'engager (7% contre 4%).

Ces résultats renouvellent le regard sur la vie célibataire et les aspirations qui l'accompagnent, très souvent observées –dans la recherche comme dans les médias– sous le seul angle du célibat des femmes, nous privant ainsi de la comparaison....

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