Quels sont les lieux où l'on risque le plus d'être contaminé au Covid-19?

Santé

À l'inverse des terrasses ouvertes, les endroits clos tels que les magasins comportent un risque important. | Malcolm Lightbody via Unsplash

Pour cesser de faire les mauvais choix, il est indispensable de déterminer précisément dans quelles situations se produisent les transmissions du virus.

Qu'il s'agisse de prendre des mesures sanitaires limitant la propagation du SARS-CoV-2 sans confiner, de trouver un mode de confinement qui soit à la fois efficace et le moins restrictif possible, ou bien encore de déconfiner d'une manière progressive en évitant tout rebond, il est essentiel de déterminer dans quels lieux les gens se contaminent au Covid-19.

Si les scientifiques disposent aujourd'hui de connaissances leur permettant de définir les lieux les plus à risque, il semble toutefois que l'État fasse la sourde oreille, préférant évacuer des sites de promenade en plein air plutôt que de participer à l'aération des lieux clos et bondés.

Mais comment évalue-t-on les lieux de contamination? En mars 2020, lorsque l'État décide de fermer les écoles, collèges, lycées et universités, puis les lieux dits «non essentiels», avant finalement de confiner tout le pays, il vise assez juste de manière totalement instinctive, se basant vraisemblablement sur les connaissances acquises par le voisin italien.

À ce moment précis, nous savons assez peu comment le virus se transmet et où les gens l'attrapent. On se rappelle ainsi la place bien trop importante donnée à l'époque aux transmissions par les mains et les surfaces, et la minimisation du rôle des aérosols. La seule possibilité que nous avions alors était d'observer l'impact de la fermeture de tel ou tel lieu sur les contaminations, et d'en tirer des conclusions par ricochet.

Ensuite, et pendant que les scientifiques en apprenaient davantage sur les modes de contamination, on a pu mener des recherches basées sur le tracing, soit via des applications, soit via des études reposant sur des questionnaires soumis à des personnes qui avaient attrapé le Covid sur une période donnée –on parle d'études observationnelles reposant sur du déclaratif. Il s'agissait simplement de demander à des personnes qui ont contracté le Covid-19 où elles estimaient l'avoir attrapé.

C'est le cas des études ComCor, menée par l'Institut Pasteur, et SourceCovid, dirigée par le professeur Fabrice Denis. La première portait sur les contaminations durant la période du couvre-feu de l'automne 2020, et la seconde sur la période allant d'août à décembre 2020. Leurs résultats sont globalement les mêmes: les principales sources de contamination sont la famille, le travail et les amis. Quant aux lieux, il s'agit essentiellement du domicile, du bureau ou lieu d'exercice professionnel, des lieux collectifs (restaurants, bars, salles de sport...) et des établissements de soin.

Ces deux études offrent des données pour le moins intéressantes mais, de par leur méthodologie même, il reste des inconnues qui imposent une certaine prudence quant à l'interprétation des résultats. Elles se basent en effet sur les réponses données par les participants, c'est-à-dire les individus qui savaient précisément où et par qui ils avaient été contaminés.

Il reste ainsi tous les lieux de contamination où il est impossible de connaître la personne qui a transmis le virus, tels que les transports en commun ou les magasins. En outre, la population répondante n'est pas représentative de la population générale française, tant au niveau de la profession que de la situation économique et sociale. Il s'agit par ailleurs de personnes dont l'âge moyen est de 42-45 ans.

Le milieu scolaire en ligne de mire

Si l'étude ComCor signale qu'avoir des enfants représente un facteur de risque de contracter le Covid-19, il n'en demeure pas moins que les transmissions en milieu scolaire semblent largement sous-évaluées, comme le signale le professeur Fabrice Denis lui-même:

«Notre étude a évalué que les contaminations liées aux écoles représentaient 2 à 4% des cas. Mais, les répondants n'étaient pas des écoliers, ce qui conduit à une sous-évaluation des contaminations réelles chez les enfants et étudiants en milieu scolaire ou universitaire. À la dernière rentrée scolaire de septembre, via notre site maladiecoronavirus.fr qui nous permet de suivre l'épidémie, nous avons eu un pic de patients symptomatiques assez jeunes qui a précédé de cinquante jours le pic d'hospitalisations des personnes âgées: les jeunes se sont contaminés à la rentrée, puis ils ont progressivement transmis le virus aux plus âgés. Sous-estimer la propagation dans les écoles, et ce d'autant plus face au développement des variants, constitue un risque important, et il est alors essentiel de veiller au grain et de conduire des dépistages très réguliers.» ...

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