Quand le coronavirus va-t-il disparaître?

Santé

Dans le métro parisien, le 11 mai 2020. | Geoffroy Van der Hasselt / AFP 

Les scénarios pour la suite de la lutte contre le Covid-19 se précisent. L'OMS évoque désormais l'hypothèse d'un SARS-CoV-2 qui pourrait devenir endémique.

Cinq mois après son apparition, rien ne permet encore de prédire ce qu'il adviendra de cette pandémie. Nous savons que les prévisions dans ce domaine sont malheureusement illusoires. Un exemple: une équipe de recherche de l'Imperial College de Londres avait prédit que le Covid-19 causerait plus de 70.000 décès en Suède dès lors que ce pays n'adopterait pas de mesures de confinement plus strictes; cette stratégie a été maintenue et la Suède recense aujourd'hui moins de 3.700 victimes.

Inutile donc de tenter coûte que coûte de pronostiquer un avenir même proche bien trop incertain. Pour autant, il n'est pas inutile de réfléchir aux scénarios possibles et aux stratégies de préparation à un nouvel assaut du SARS-CoV-2 dans quelques semaines, dans quelques mois, voire dans un futur plus lointain.

Depuis janvier, des freins puissants ont été mis en place pour limiter l'impact de la dynamique épidémique. Nous en récoltons, en France, les premiers résultats: une situation plus apaisée sur le front de l'épidémie, des services de réanimation se vidant des malades atteint·es des complications du Covid-19, des tests de dépistage du virus (RT-PCR) se révélant de plus en plus souvent disponibles et négatifs, un nombre de nouveaux cas quotidiens passant durablement sous la barre des 1.000, avec un taux de reproduction au-dessous du niveau épidémique (<1) –comme en Allemagne et bientôt, espérons-le, en Italie et en Espagne.

C'est dans ce nouveau contexte que l'on peut aujourd'hui élaborer les différents cas de figure s'inscrivant dans le champ du possible.

Scénario «extinction rapide et totale»

Ce scénario reproduirait celui observé en 2002-2003 avec le SRAS, lui aussi dû à un coronavirus émergeant de Chine continentale, le SARS-CoV. L'épidémie s'était éteinte après neuf mois d'un combat intense mené à l'échelon international.

Malheureusement, les différences entre l'actuel SARS-CoV-2 sont très importantes, en particulier dans la dynamique épidémique. Le SRAS était une maladie très sévère dans quasiment tous les cas: il conduisait presque inéluctablement les personnes infectées à être hospitalisées.

Les contrôles sanitaires aux frontières, avec prise de température, étaient alors plus performants, et il fut possible de circonscrire la propagation du virus plus aisément.

Aujourd'hui, le Covid-19 est une maladie certes potentiellement très grave, mais seulement dans 15% à 20% des cas, et le taux de mortalité semble un peu inférieur à 1% (contre plus de 10% pour le SRAS).

La grande majorité des infections par le SARS-CoV-2 sont silencieuses ou sans complications, conduisant à une guérison rapide et sans séquelles. Les facteurs qui rendent l'éradication du Covid-19 plus difficile tiennent très précisément à cette bénignité d'un grand nombre de ses formes cliniques.

Les cas légers d'infection par le nouveau coronavirus n'appellent pas nécessairement les personnes qui en sont atteintes à consulter, ni à se faire tester. En cas de pénurie de tests, ils ne sont pas diagnostiqués, ce qui facilite la diffusion du virus au sein de la population et laisse peu d'espoir pour une extinction rapide de la pandémie.

Scénario «à la suédoise»

La Suède a choisi de faire confiance à sa population plutôt que de lui imposer le confinement de sa vie sociale et économique; elle n'a pas assigné ses concitoyen·nes à résidence comme la France, l'Italie ou l'Espagne.

D'autres pays ont eu recours à cette méthode (l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche, les Pays-Bas ou les autres pays nordiques), mais ils ont malgré tout prononcé la fermeture des écoles, des bars, des restaurants et des commerces non essentiels.

La Suède, elle, n'a interdit que les rassemblements de plus de cinquante personnes et fermé uniquement les collèges, lycées et universités, les écoles et jardins d'enfants restant ouverts. L'État a fortement incité ses citoyen·nes à respecter les mesures de distanciation sociale et de réduction des risques, en faisant notamment la promotion du télétravail.

Force est de constater que ce que les autorités européennes appellent aujourd'hui le «déconfinement» ressemble à s'y méprendre à la situation que la Suède a su maintenir depuis le début de l'épidémie sans voir ses hôpitaux ni ses services de réanimation s'engorger.

Le pays poursuit un double objectif: protéger les personnes les plus vulnérables et ne pas saturer son système de santé, en particulier ses services de soins intensifs. Il ne vise donc pas à ralentir l'épidémie au plus bas niveau possible, contrairement à la plupart de ses voisins européens.

La Suède préfère tabler sur une forme d'endémicité du Sars-CoV-2, c'est-à-dire une circulation quasi permanente et continue du virus tant que l'immunité collective (70% de la population infectée et protégée) n'est pas atteinte –ce qui demandera peut-être des mois ou des années.

C'est donc une stratégie sur le long terme qu'elle entend mener, à l'opposé des États dont le but est de minimiser la circulation du virus, et donc dans un premier temps le nombre de cas et de décès, mais qui en l'absence d'un vaccin protecteur prolongeront d'autant la durée du phénomène épidémique....

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