Profitant du confinement, des hackers antisémites s'invitent sur Zoom

Internet

Le logiciel contient des failles de sécurité. | Antdrew Neel via Unsplash

Des internautes ont diffusé à plusieurs reprises des images pédopornographiques dans des visioconférences commémoratives.

La journée internationale de la Shoah, célébrée en mémoire des victimes des crimes nazis, aurait pu se dérouler sans incident. En Israël, tout un pays s'arrête d'ailleurs une minute pour honorer le souvenir de ces personnes disparues. Cette année, le 21 avril, plusieurs commémorations organisées en France et en Allemagne sur l'application Zoom ont été perturbées par des hackers. Profitant de la situation, des individus ont réussi à s'inviter dans des cérémonies en ligne et à partager des images pédopornographiques avec les autres participant·es.

Le phénomène s'est produit aussi le soir du lundi 21 avril, lors d'un événement organisé par le cercle d'études francophone Ta-Shmah, à Jérusalem, et la Moishe House, à Paris. «Nous avions annoncé une soirée au cours de laquelle Myriam Gross, l'épouse du philosophe Beno Gross, âgée de 91 ans, devait partager son expérience et nous raconter sa reconstruction personnelle après les camps. Jamais nous n'aurions pu imaginer une seule seconde que des personnes malveillantes puissent suivre des événements privés sur Facebook», se lamente Gabriel Abensour, le fondateur du centre Ta-Shma, qui organisait la soirée.

Les premières minutes de la conférence se passent bien. Après une brève introduction, Myriam Gross se présente et entame le début de son récit, la débacle sur la route de Périgueux, l'enfance cachée, les camps... C'est alors qu'un dénommé «Avi Loeb» demande l'accès à la conférence. Accepté dans la conversation, le participant active alors le partage de son écran et diffuse aussitôt des vidéos à caractère pédopornographique. L'application permet, en effet, de partager du contenu en direct avec les autres participant·es. Un paramètre que l'application permet de désactiver, mais qui ne l'est pas ce soir-là.

«On a réussi à couper la conversation en plein milieu, mais c'était trop tard», poursuit Gabriel Abensour. La soixantaine de participant·es est sous le choc. Pendant quelques secondes, le public de la conférence aura assisté au viol d'un nourrisson en direct. Des images d'une rare violence et, surtout, difficiles à se procurer, dont certain·es gardent encore le traumatisme, le lendemain, sur les réseaux sociaux: «Une horreur, j'aurais aimé ne jamais voir ça», évoque l'une des témoins de la scène sur Twitter.

«Une profanation de cimetière en ligne», abonde un autre commentaire.

Les organisateurs portent plainte en France ainsi qu'en Israël, et signalent le contenu à la plateforme de la police en ligne, Pharos. «Pour moi, cette personne avait pris un pseudo à consonance juive pour qu'on ne la suspecte de rien. C'est terrible, car on ne peut pas savoir. Myriam Gross a été très choquée par ce qu'elle a vu, mais elle a réagi avec dignité et proposé de reprendre son témoignage le soir même, finalement mis en ligne.» La rescapée aura ces mots pour apaiser son public: «Les antisémites sont des salauds. Oublions ce que nous avons vu et continuons de l'avant.»

Opportunisme ou malveillance

Le «Zoombombing», ou le fait de s'inviter à une conférence sur Zoom sans y être convié·e, est devenu un classique de cette période de confinement. Mais les actes de malveillance envers la communauté juive ont pris une autre nature aux États-Unis depuis quelques semaines. L'anti-Defamation League (ADL), une organisation juive qui lutte contre le harcèlement en ligne, assure avoir recensé pas moins d'une vingtaine d'actes à caractère antisémite sur son site depuis le début du mois de mars.

Parmi ces derniers on compte des funérailles ou des cérémonies religieuses interrompues par des images néo-nazies ou encore des ateliers d'écoles juives perturbés par des suprémacistes blancs, comme Andrew Alan Escher Auernheimer, mieux connu sous le pseudonyme de «weev» dans la sphère de l'alt-right. La pratique s'est répandue en Allemagne lundi 20 avril avec l'apparition d'images de Hitler et de slogans antisémites, scandés par des militant·es au cours d'une commémoration organisée en ligne par l'ambassade d'Israël en Allemagne, rapportait mardi l'AFP.

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