Présidentielle 2017: la stratégie de Macron pour battre Le Pen - Challenges.fr

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Si Emmanuel Macron tient à garder le sourire et à toujours faire ressortir de ses meetings une image de bienveillance, il n'entend pas non plus tendre la joue gauche quand on lui gifle la joue droite. Et Marine Le Pen n'y est pas allée de main morte lundi midi dans son meeting de Villepinte, multipliant les coups contre le candidat de "En Marche ou crève", "vrai visage de la finance qui pille nos richesses, bénéficiant du soutien massif des patrons et financiers", dont le programme serait "entièrement au service de ces capitalistes sans foi, ni loi", du "mondialisme et de la marchandisation du monde".

Haro sur le FN

Face à cette caricature violente, Emmanuel Macron, qui réunissait ses partisans ce même 1er mai dans l'après-midi à la Villette, a riposté en sortant lui aussi la boîte à baffes, opposant la France des "optimistes" à l'autre, la France "grimaçante", qui joue sur les peurs et "la colère", la France "qui parle à tous" contre la France "pour quelques-uns". "Ce que propose madame Le Pen, c'est le repli sur soi, la fermeture, la haine, amenant la misère et la guerre. Le FN, c'est le parti de l'anti-France. Et cela, on n'en veut pas !" a lancé l'ex-ministre de l'Economie, n'hésitant pas lui non plus à forcer le trait. "Marine Le Pen l'a parfaitement résumé avec sa grossièreté bien connue, c'est "en marche ou crève". Eh bien, elle a raison: En marche, c'est nous !" a-t-il lancé, laissant entendre que "crève", c'est l'extrême droite. Comme d'habitude, Macron demande à son public de ne pas huer l'adversaire mais il ajoute, reprenant la punchline d'Obama visant Trump "Ne sifflez pas, battez-la !" Et d'ajouter, à l'adresse de Nicolas Dupont-Aignan, fraîchement rallié et invité d'honneur du meeting de Le Pen: "Ne le sifflez pas davantage, le pauvre… Il avait déjà perdu. Il est maintenant déshonoré." La bienveillance a manifestement ses limites.

Au-delà de la philippique, Macron s'est attelé à étriller le programme de son adversaire : le flou sur la sortie de l'euro - "plus personne n'y comprend rien, on aura le matin le franc et l'après midi l'euro, et on nous explique qu'avec ces billets de Monopoly, les choses iront mieux !"- et les promesses sociales à chéquier ouvert - "l'augmentation du smic, la retraite à 60 ans, tous les cadeaux que le FN promet, c'est un mensonge parce qu'il ne le finance pas, soit ils augmenteront vos impôts, soit ils augmenteront votre dette, il y aura un cocu". Européiste convaincu, le candidat a cependant passé un petit message aux rétifs au libéralisme bruxellois (nombreux de l'extrême gauche à l'extrême droite) réaffirmant qu'il comptait, de l'intérieur, réorienter le projet européen, être plus regardant les accords de libre-échange (notamment le controversé CETA, avec le Canada) et revoir la directive sur les travailleurs détachés...

Pas de concession sur le projet

Pour autant, Emmanuel Macron n'est pas décidé à amender son programme social-libéral et l'a fait savoir clairement: "Je sais que beaucoup voteront pour moi aussi pour ne pas avoir le FN. Et je veux leur dire mon respect et le fait que j'ai pleinement conscience que le 7 mai, je fais plus que défendre un projet politique, je participe au combat pour la république et pour la démocratie". Mais face à l'insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui refuse d'appeler à voter pour lui et lui a suggéré, hier au JT de TF1, de retirer sa réforme du Code du travail pour mieux lui plaire, le candidat de "En Marche" s'est montré ferme : "J'ai entendu les appels à changer le programme, je ne le ferai pas.Ce serait trahir les électeurs… Ces réformes sont efficaces. Nous les avons conçues, portées, nous les ferons. C'est la condition pour que dans cinq ans, nous n'ayons pas à nouveau le FN". C'est peut-être aussi, plus immédiatement, la condition pour rester attractif auprès des électeurs de François Fillon.


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