Pourquoi le vaccin d'Oxford-AstraZeneca pourrait changer la donne

Santé

Le vaccin développé par l’université d'Oxford et AstraZeneca présente plusieurs avantages. | Emin BAYCAN via Unsplash

Très attendu en raison de son coût bas et de ses capacités de stockage et de conservation, ce sérum permettrait notamment aux pays à faibles revenus d'en bénéficier.

Le Royaume-Uni est le premier pays à avoir autorisé l'utilisation du vaccin d'Oxford-AstraZeneca afin de lutter contre le Covid-19. Ce vaccin est le deuxième à avoir reçu une autorisation des autorités sanitaires britanniques, après le vaccin de Pfizer, utilisé depuis début décembre. Les premières vaccinations avec ce second vaccin doivent avoir lieu cette semaine.

Le gouvernement britannique en a commandé 100 millions de doses, soit assez pour vacciner 50 millions de personnes [le Royaume-Uni compte 66,65 millions d'habitants]. D'autres États vont suivre avec intérêt cette campagne de vaccination: c'est par exemple le cas de l'Australie ou du Canada, qui ont commandé respectivement plus de 50 millions doses et 20 millions de doses. Au total, ce sont plus de 2,5 milliards de doses qui ont été précommandées partout sur la planète. AstraZeneca espère pouvoir fournir d'importantes quantités de son vaccin durant le premier trimestre de l'année.

Chaque habitant du Royaume-Uni qui se fera vacciner recevra deux doses entières. Cette posologie a permis aux personnes qui ont participé aux essais cliniques d'éviter de développer la maladie dans 62% des cas. Cette stratégie a été privilégiée à celle consistant à injecter d'abord une demi-dose, puis une dose entière, bien que les résultats initiaux des essais cliniques suggéraient que cette seconde approche puisse prévenir la survenue de la maladie avec une efficacité de 90%.

Que va changer la disponibilité du vaccin d'Oxford-AstraZeneca? Pourquoi l'autorisation accordée par le gouvernement britannique est-elle importante? Michael Head, expert en santé globale à l'université de Southampton, répond à ces questions.

Pourquoi a-t-on besoin de ce vaccin?

À Noël dernier –le moins joyeux de l'histoire récente–, le vaccin de Pfizer, hautement efficace, nous est apparu comme une lumière au bout du tunnel, lorsque son autorisation a été accordée et que les premières doses ont été disponibles au Royaume-Uni. Mais son éclat a été atténué par divers facteurs limitants, en particulier concernant le niveau de production nécessaire pour répondre à la demande, qui a émané de divers pays.

Pour prendre une image évocatrice en ce moment, tout se passe comme si les dirigeants du supermarché voisin –fermé– venait subitement d'annoncer qu'ils allaient ouvrir le magasin durant quelques créneaux horaires limités, et que vous vous précipitiez pour retirer votre commande avant que l'un de vos voisins ne s'en aperçoive. Dans ces conditions, chacun veut être le premier à entrer pour s'assurer de pouvoir se procurer le dernier lot de papier toilette avant la rupture de stock –ou, dans le cas qui nous intéresse, le lot de vaccins qui permettra de protéger sa population.

En outre, les contraintes logistiques liées au stockage et au transport du vaccin de Pfizer, qui doivent se faire à très basses températures limitent aussi la vitesse de son déploiement au niveau national.

Pour ces raisons, nous avons besoin de multiples candidats vaccins si nous voulons réussir à satisfaire la demande. Et nous en avons besoin rapidement. La disponibilité du vaccin d'Oxford-AstraZeneca pourrait s'avérer très utile pour accélérer l'extension de la couverture vaccinale –en particulier alors que les priorités ont changé au Royaume-Uni, puisqu'il s'agit maintenant de distribuer au plus grand nombre de personnes possible une première dose de vaccin.

Cependant, il reste encore des inconnues, concernant par exemple l'efficacité de ce vaccin chez les personnes âgées, ou l'augmentation d'efficacité qui pourrait être induite en allongeant le délai entre l'administration des deux doses.

En quoi ce vaccin est-il différent?

Les trois principaux vaccins délivrent tous une partie du matériel génétique du coronavirus SARS-CoV-2 dans les cellules de l'organisme, ce qui conduit ces dernières à produire des copies de «morceaux» du virus –il s'agit de la protéine Spike, la «clé» qui lui permet d'entrer dans les cellules qu'il infecte– contre lesquelles le système immunitaire va ensuite réagir. Le vaccin d'Oxford-AstraZeneca emploie un vecteur adénoviral, tandis que les vaccins de Pfizer et Moderna sont basés sur des ARNm....

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