Paris n'a décidément rien compris à la pizza

Vie Pratique

Rappelons-le, la pizza, c'est la vie. Il faut savoir rester simple.

Imaginez la soirée-type: on a pris un long et joyeux apéro avec des potes, petit à petit le groupe a grandi, on a rencontré d’autres gens qu’on connaissait pas, l’alcool a bien lubrifié les timides et rendu hilarant les histrions. Les regards commencent à se croiser et le flux des pauses-clope permet déjà, en creux, de deviner les petites affinités électives du jeudi soir. Deux effectifs de l’apéro, qui avaient l’air de bien s’entendre, sont aperçus en train de descendre. Ils cherchaient les toilettes mais ils ont trouvé la cave du bar, où ils sont seuls. Entre le rayon des Perrier et du Coca Zero, ils se regardent, cherchant quelque chose à dire. La situation ne prévoit pas des grandes conversations, juste un mot sympa, peut-être une blague, ou sinon quelque chose de séduisant mais court, il ne faut surtout pas paraître lourd, pour que l’autre ne s’échappe pas en courant.

-«Bon, moi, j’ai faim»
-«Moi aussi!»
-«Pizza?»

Voilà, la vie est simple et bien faite. Sauf si vous êtes à Paris, la nouvelle Mecque de la pizza gourmet.

À Paris, on peut pas manger une bonne pizza dans une soirée quelconque. Il faut réserver, étudier, approfondir, faire des conjectures sur Instagram sur le croustillant de la croute et dans certains cas discuter pendant trois jours sur un groupe WhatsApp pour decider qui va aller faire la queue à 17h00 devant la pizzeria pour espérer avoir une place.

Le vin avec la pizza, cette hérésie

Puis, si on a de la chance, on s’attable. On vous amène un élégant livret, mais ce serait trop simple de chercher directement le menu: d’abord, il faut lire les deux pages de dissertation sur la farine, dont les graines ont été retrouvé dans une amphore du cinquième siècle avant JC et régénérées, ensuite il y a un reportage sur comment ils sont allés chercher le four à Naples, en hélicoptère.

Puis, toujours à la recherche du menu, on tombe sur la carte des vins. La carte des vins??

Une fois pour toute: avec de la pizza, on boit de la bière: pizza e birra, c’est comme huitres et champagne. Un importateur de vins italiens en région parisienne (qui pour des évidentes raisons commerciales souhaite rester anonyme) me raconte son désespoir:

«Ils me demandent des vins légers, qui peuvent aller avec de la pizza, et moi j’aurais juste envie de leur dire de servir du Coca. Il y a même des pizzerie gourmet qui proposent du Barolo: ils comprennent pas que c’est comme si on buvait un Crozes-Hermitage en mangeant un kebab.»

Ce n’est pas une question de prix: la margherita à Naples coûte 5 euros et à Paris 12, mais à Naples les loyers sont quatre fois moins chers que à Paris, tout comme les légumes et le reste. Donc il n’y a rien de scandaleux dans les prix des pizze parisiennes. Ce sera toujours moins cher que la plupart des autres repas de qualité à disposition. Cela pour dire que j’apprécie les pizze de mes collègues et compatriotes de la nouvelle vague: mais ça reste beaucoup trop compliqué pour une pizza.

En soi, il n’y a absolument rien de mal à ennoblir un plat qui est à la base très populaire, au contraire....

Lire la suite sur Slate.fr - Paris n'a décidément rien compris à la pizza

Articles en Relation

10 autres terrasses parisiennes pour ravir les gastronomes La terrasse du restaurant du Palais Royal. | Philip Chronopoulos  Une nouvelle sélection de tables de qualité pour retrouver la joie d'aller au ...
15 adresses parisiennes pour fêter la réouverture des restaurants Chez Guy Savoy à la Monnaie de Paris, le homard-carottes, jus de homard et sarrasin torréfié. | Laurence Mouton  Le moment tant attendu par les ...
10 terrasses parisiennes pour ravir les gastronomes Terrasse de l'Apicius, dans le VIIIe arrondissement. | Romain Laprade  Une sélection de tables de qualité pour retrouver la joie d'aller au rest...
Des menus de restaurants étoilés à déguster pendant le confinement Volaille rôtie à l'ail noir, mousseline d'artichauts au beurre noisette, sauce aux herbes fortes. | lesergentrecruteurparis  Une sélection de ta...
Itinéraire gourmand de Paris à Marseille Chez Bernard Loiseau à Saulieu, en Côte-d'Or. | B. Preschesmisky  Une quinzaine de bonnes étapes hôtelières et culinaires, majoritairement ...
Frédéric Anton est-il le meilleur chef de Paris? Au Pré Catelan, la courgette. | Richard Haughton Le Pré Catelan et Le Jules Verne, à la tour Eiffel: deux restaurants qui mériteraient une quatrième ...

VIATOR ACTIVITES

BONNES AFFAIRES