On ne vit pas si mal avec un masque, on en deviendrait même à l'aise

Sociétés

Porter un masque brouille nos repères, mais ne pas montrer sa bouche expose moins socialement. | Gabriella Clare Marino via Unsplash

Nous vivons sous le regard des autres. Avec le port généralisé du masque, qu'est-ce qui change dans nos interactions sociales?

Le 5 octobre 2020, durant une interview concernant la SNCF, le Premier ministre masqué, Jean Castex, est filmé plein cadre, face caméra. Il explique combien le moment est important à de nombreux égards. Son attitude, ses signes de tête, ses mouvements du corps rythment parfaitement son discours. Il faut donc un certain temps au cameraman pour se rendre compte qu'en fait, il ne filme pas la personne qui parle! Il s'est trompé!

Il a été trompé par l'attitude du Premier ministre, par le masque. Instant de panique: en plein discours il est obligé de changer de cadrage, de rabrouer un confrère photographe pour filmer celui qui parle réellement, le président de la SNCF.

Situation gênante pour les uns, qui atteste de l'incompétence du journaliste pour les autres, mais par ricochet, de celle du Premier ministre et de son équipe qui n'ont pas anticipés cette situation, une situation qui finit par ridiculiser publiquement tous les participants et dont on ne manqua pas bien sûr de se moquer abondamment dans les médias.

Sous le regard des autres

Notre vie quotidienne se passe ainsi sous le regard des autres. Pour analyser ces rencontres avec nos congénères, le sociologue Erving Goffman part de l'idée qu'il y a toujours quelque danger à croiser quelqu'un, surtout une personne inconnue.

Au-delà du risque d'agression physique, il a surtout montré qu'il existe un risque social bien plus important dans ces relations, celui de ne pas être à la hauteur de la situation, de ne pas être pris pour celui que l'on voudrait être, le risque de perdre la face et son amour-propre. Une situation sociale consiste ainsi toujours à gérer collectivement ces risques.

Pour ne pas commettre d'impair, nous nous référons constamment aux cadres de l'interaction: l'endroit où l'on se trouve qui dicte déjà la manière de bien s'y tenir, les attitudes des un·es ou des autres, qui nous confortent dans l'idée de l'endroit où l'on se trouve et à qui on a affaire, les vêtements des participants, leurs accessoires, leurs attitudes qui attestent qu'on ne se trompe pas et qu'il nous faut nous aussi nous tenir d'une certaine manière en fonction du rôle que nous voulons tenir....

Lire la suite de cet Article sur Slate.fr - On ne vit pas si mal avec un masque, on en deviendrait même à l'aise

Articles en Relation

Le port du masque aura-t-il raison du maquillage? C'est surtout le rouge à lèvres qui fait grise mine, depuis qu'il n'a plus l'occasion de remplir sa fonction. | Ani Kolleshi via Unsplash L'obli...
Face au Covid-19, le nouvel essor de la fête à la maison «Les Français font la fête dans les campagnes, dans les appartements, tout se réinvente.» | Droits réservés pour Slate.fr  Malgré les risqu...
Le masque est-il un frein à la séduction? Forcément, on misera davantage sur le regard. | Vera Davidova via Unsplash À l'époque du Covid-19, nous devons nous défaire d'un élément majeur de la...
L'insoutenable légèreté des soirées pyjama du couvre-feu Ceux et celles qui rechignent d'ordinaire à rentrer chez eux ou chez elles sont ici encouragé·es à s'incruster. | Kelsey Chance via Unsplash...
Comment les survivalistes vivent la crise du Covid-19 Dans l'abri d'un groupe de survivalistes de Virginie-Occidentale, aux États-Unis, le 13 mars 2020. | Nicholas Kamm / AFP  La pandémie, les «prep...
Reconfinement: les plus de 40 ans ne sont pas si sages que vous le croyez 60% des Français ont transgressé au moins une fois les règles du second confinement, selon l'Ifop. | Vidar Nordli-Mathisen via Unsplash Sorties,...

ACTUALITÉS SHOPPING IZIVA