Monte-Carlo sera grand luxe (ou ne sera plus)

Vie Pratique

Le micro-État est en pleine rénovation avec au programme quatre ans de travaux pharaoniques.

La place du Casino, cœur battant de la Principauté des Grimaldi, est méconnaissable, c’est un véritable chantier hérissé de grues, d’échafaudages et de charpentes métalliques.

La circulation des piétons est perturbée et pour aller de l’Hôtel de Paris –fermé aux deux tiers– à l’Hermitage. La Société des bains de mer a dû mettre en place des navettes bien utiles pour transporter les clients en smoking et les femmes en talons aiguilles. Ces embarras devraient durer jusqu’à la fin 2018-début 2019 quand l’Hôtel de Paris, 70 chambres et suites à l’heure actuelle, devrait rouvrir en fanfare, un événement de portée mondiale.

Place du Casino à Monaco © Monte-Carlo SBM

Place du Casino à Monaco © Monte-Carlo SBM

C’est la volonté du prince souverain Albert de Monaco et de la SBM qui gère le parc hôtelier –30 restaurants, les boutiques, les boîtes de nuit, les bars, les tapis verts– de moderniser la physionomie architecturale de Monte-Carlo, le centre historique, esthétique et mondain de ce petit état juché sur un rocher méditerranéen. Les faits sont là.

«Historiquement, les jeux du casino ont fait la richesse de la Principauté. Actuellement, les jeux perdent de l’argent, l’hôtellerie et l’immobilier en gagnent», indique Jean-Luc Biamonti, un ex-banquier nommé directeur général de la SBM.

Il faut donc éteindre ce foyer de pertes à hauteur de 32,8 millions d’euros en 2016-2017 pour la SBM. Les tapis verts mythiques du casino et d’autres salles de jeux, au Bay sur la mer par exemple, ne sont plus la manne financière florissante de l’après-Seconde Guerre mondiale. Les grands joueurs à 100.000 euros la plaque et plus sont moins présents, les contrôles policiers font peur –des Italiens aux poches bien remplies circulant en Ferrari ont dû montrer leur déclaration fiscale judicieusement placée dans la boîte à gants. Jouer gros suscite des curiosités, les inspecteurs fiscaux de la Principauté ont vite fait de procéder à des enquêtes sur l’origine des fonds. Le prince Albert veut un État clean et sans forbans. À Monaco, il y a 9.500 citoyens et 40.000 comptes en banque au bas mot.

Le rendez-vous des Monégasques

Priorité des priorités, la réfection du légendaire Hôtel de Paris va coûter 122 millions d’euros pour 200 chambres et suites, des salons, deux restaurants, celui d’Alain Ducasse (et non plus le Louis XV) et le Grill au 8e étage, vue panoramique sur la mer. Pour l’heure, le restaurant magistral d’Alain Ducasse a été transféré au Jardin d’Hiver, une esplanade à ciel ouvert au milieu de palmiers. C’est le chef-d’œuvre de ce premier chef à avoir obtenu trois étoiles en 1990 pour un restaurant d’hôtel. Un troisième restaurant est prévu à la place de la Trattoria en bordure de mer, il verra le jour fin 2018, sous la direction d’Alain Ducasse devenu citoyen monégasque par la volonté du prince Albert, reconnaissant envers l’ancien commis de Michel Guérard à Eugénie-les-Bains.

Le rêve de François Blanc, génial créateur de l’Hôtel de Paris en avril 1867, était de bâtir «un hôtel qui dépasse tout ce qui a été créé jusqu’ici». C’est bien ce qui a été demandé aux architectes Richard Martinet et Gabriel Viora à travers un style d’architecture magnifiée. La façade du palace va retrouver son allure Belle Époque de 1909 ainsi que l’esprit intemporel de la décoration: au mur, des tableaux non figuratifs et des espaces végétalisés, jardins, alcôves de plantes, 90% des chambres auront un balcon ou une terrasse –et une mini cave de grands crus– mais l’innovation majeure sera la création de deux villas d’exception de 450 et 650 mètres carrés dotées de piscines sur le toit. Il faut loger l’affluence des gens de tous pays –Monaco est une bande de terre de sécurité pour les habitants et pour les biens.

Le bar américain de l’Hôtel de Paris est ouvert, c’est le rendez-vous traditionnel des monégasques et des résidents à la cohabitation exemplaire. Au centre du palace aux intérieurs de marbre, un patio est prévu, réservé à des boutiques de haute joaillerie: Omega, Cartier, Chanel, Piaget, Van Cleef, Dior, Vuitton… Ces marques glamour font partie du paysage chic et cher de la Principauté dont l’image de luxe doit être préservée.

Il n’est que de voir l’affluence quotidienne aux trente pavillons provisoires consacrés à la bijouterie, à la mode, au shopping «high class» que la Principauté, soucieuse de satisfaire au mieux visiteurs et résidents, a construit dans les jardins du casino en attendant la réouverture de nouveaux magasins fin 2018-début 2019....

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