Macron giflé, le signe d'une violence imprévisible qui monte en France

Politique

En visite à Tain-l'Hermitage, le président de la République Emmanuel Macron a été giflé par un homme. | Capture d'écran BFMTV via YouTube

C'est plus qu'une atteinte à la fonction de président de la République qu'on pu constater à Tain-l'Hermitage. C'est un nouveau cran dans la montée d'une violence insidieuse et rampante dans le pays.

À Tain-l'Hermitage, un individu a giflé le président de la République. L'enquête de police est en cours et dira les intentions de l'auteur du geste, s'il y a eu préméditation, complicités, etc. Les bribes de portrait diffusées par les journaux télévisés parlent d'un intérimaire, donc d'un précaire, admirateur du Moyen Âge et de la «royauté», dans une version davantage jeux de rôle que scientifique à la Georges Duby, ou intellectuelle monarchiste à la Charles Maurras.

Comme c'est désormais de rigueur, on mentionne ses favoris internet, mais nullement le contenu de sa bibliothèque. On a tendance à soupçonner la conjonction d'une colère sociale sans aucun doute légitime et d'une idéologisation de type folklorique, ayant pour vecteur internet.

Les historiens Laurent Joly et François Delpla faisaient observer que les milieux monarchistes, c'est-à-dire maurrassiens ou néo-maurrassiens (Camelots du roi, Action française avant-guerre) avaient longtemps magnifié le geste de la gifle adressée à un homme politique républicain, qu'il s'agisse d'Aristide Briand, giflé par un dénommé Lucien Lacour en 1910, ou de Léon Blum, qui échappa de peu au lynchage en marge des obsèques de Jacques Bainville en 1936. Briand et Blum ont été agressés non pas parce qu'ils ne représentaient pas la fonction, mais parce qu'ils incarnaient tout ce que détestait à l'époque l'Action française de Charles Maurras.

«Casse toi pauv'con», le heurt originel

Beaucoup plus récemment, depuis la présidence de Nicolas Sarkozy, après plusieurs décennies d'accalmie, des formes de violence ponctuelle, parfois de très basse intensité mais accompagnant toujours une dynamique de progression, sont réapparues. Sinon chronologiquement, du moins symboliquement, le heurt originel à l'encontre du chef de l'État remonte à l'altercation entre un citoyen adressant au président Sarkozy «Me touche pas, tu me salis» et recevant, pour très élyséenne réponse, «Hé ben casse toi pauv'con». On se souvient des militants d'extrême droite conspuant François Hollande en plein 11 novembre, etc. En parallèle, les violences contre les maires et autres élus n'ont cessé de croître....

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