L’Irlande, victime économique collatérale du Brexit

Economie

Boris Johnson se déplace ce lundi en Irlande. Le pays est – de loin – celui qui, en Europe, a le plus à perdre à la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Le pavé de bœuf était forcément irlandais, les nœuds papillon et les robes de soirée impeccables et le vin coulait à flots, mais l’ambiance était sombre lors du dîner de gala annuel de la Chambre de commerce britannico-irlandaise, jeudi 5 septembre. La communauté d’affaires irlandaise et britannique était réunie à Dublin en plein drame politique à Westminster, et chacun se préparait au pire. « L’impact d’un Brexit sans accord pourrait être plus important que la crise financière pour l’Irlande », avertit John McGrane, le directeur de la chambre.

Boris Johnson se déplace à Dublin lundi 9 septembre, pour rencontrer son homologue irlandais, dans un pays au cœur des négociations du Brexit. En provoquant potentiellement un retour de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, un « no deal » pourrait ébranler deux décennies de paix, offrant de nouvelles cibles aux groupuscules paramilitaires. Mais les conséquences seraient aussi économiques. Selon les calculs de l’Economic and Social Research Institute (ESRI), un Brexit sans accord provoquerait une perte de 5 % de produit intérieur brut (PIB) pour l’Irlande, dont la moitié dès 2020. L’Irlande est – de loin – le pays européen qui a le plus à perdre de la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Avec une croissance qui doit atteindre 4 % cette année, le pays peut faire face. En principe, une récession devrait être évitée. Mais le coup serait rude, d’autant que le reste de l’économie mondiale ralentit en même temps.

Les économies britannique et irlandaise sont intimement liées

Les économies britannique et irlandaise sont intimement liées. Dans ce petit pays de presque 5 millions d’habitants, 90 000 entreprises importent ou exportent du Royaume-Uni. Les PME sont particulièrement tournées vers leur grand voisin, qui reçoit 40 % de leurs exportations. Les échanges sont intenses entre le nord et le sud de l’île, bien sûr, avec 4 millions de camions qui traversent la frontière chaque année. Mais ils sont aussi très importants entre l’ouest(l’île irlandaise) et l’est (la Grande-Bretagne): le couloir aérien Londres-Dublin est le deuxième plus utilisé au monde.

La Grande-Bretagne est aussi la porte d’entrée sur l’Europe continentale pour l’économie irlandaise. Le plus simple chemin pour exporter est de partir du port de Dublin, de débarquer au Pays de Galles, puis de traverser le « pont terrestre » jusqu’à Douvres, avant d’atteindre Calais. Un Brexit qui se passerait mal aurait donc des répercussions directes sur l’économie irlandaise, mais aussi indirectes pour son accès au reste de l’Europe.


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