Les tests salivaires rapides, l'outil de dépistage qui manquait à la France

Santé

Une femme donne un échantillon pour un test salivaire, à Saint-Étienne, le 22 février. | Jean-Philippe Ksiazek / AFP 

La Haute Autorité de santé s'est déclarée favorable à l'utilisation des tests RT-PCR sur des échantillons de salive.

Dans un contexte de circulation épidémique soutenue tel que celui que nous traversons, de nombreuses épidémies localisées –dites «clusters»– sont fréquemment rapportées dans les établissements de soins, les Ehpad, mais aussi en milieu scolaire ou en entreprise.

Limiter la diffusion du virus dans ces lieux où les contacts ne peuvent être évités est crucial, non seulement pour protéger les personnes concernées (soignants et patients, professionnels, enseignants et élèves, etc.), mais aussi parce que ces clusters jouent un rôle dans la diffusion du virus dans la communauté en général. Il s'agit donc d'un enjeu majeur pour le contrôle épidémique global.

Pour y parvenir, les tests constituent la première étape de la stratégie «tester, alerter, protéger» mise en place en France. L'arrivée d'un nouvel outil de dépistage, les tests salivaires rapides, pourrait encore la renforcer.

Un accès aux tests en constant développement

Depuis le début de la pandémie, l'accès aux tests a été largement développé et facilité en France. Deux types de tests évaluant la présence du SARS-Cov-2 sont aujourd'hui accessibles au grand public.

Les premiers sont utilisés pour détecter la présence du matériel génétique du SARS-CoV-2 (son ARN) chez les patients, signe d'une infection par ce coronavirus. Un prélèvement nasopharyngé est effectué sur la personne à tester, puis l'échantillon est analysé par RT-PCR. Ces tests sont réalisés en laboratoire, le résultat est obtenu dans un délai pouvant varier de huit à quarante-huit heures, voire plus, selon le laboratoire et le flux de demandes.

Les seconds tests disponibles sont les tests dits «antigéniques»: ils détectent la présence de protéines de structure du virus (lesquelles sont des «antigènes», un terme qui désigne tout élément étranger à l'organisme capable de déclencher une réponse immunitaire), avec une bonne sensibilité durant la période se situant autour du pic de charge virale. Ces tests sont réalisés par prélèvement nasopharyngé en pharmacie. Le résultat est obtenu rapidement, quinze à trente minutes plus tard. La mise à disposition des tests antigéniques a permis de désengorger les laboratoires qui étaient submergés par les demandes de tests PCR.

Une des limitations de ces deux types de tests est que le prélèvement nasopharyngé sur lequel ils reposent doit nécessairement être réalisé par des professionnels. Une alternative à un tel prélèvement nasopharyngé est le prélèvement salivaire, plus facilement accepté car moins désagréable: selon le type de tests, il suffit de cracher un peu de salive dans un tube ou de frotter un coton-tige dans la bouche.

Les échantillons ainsi recueillis peuvent ensuite être analysés par RT-PCR dans les mêmes conditions que lors d'un prélèvement nasopharyngé. Ils peuvent également faire l'objet d'un autre type de tests, les tests rapides antigéniques ou RT-LAMP. Les avantages de ces derniers sont leurs résultats obtenus rapidement, et un coût moindre que celui des tests RT-PCR, la logistique étant simplifiée. Inconvénient: ils peuvent être moins sensibles, ce qui explique pourquoi ils ne sont pas recommandés pour le diagnostic des personnes symptomatiques.

Les tests salivaires ont été déployés largement au Royaume-Uni depuis le mois de janvier. En France, ils ne sont pas encore disponibles, les autorités restant réservées quant à leur autorisation. Pourtant, les bénéfices à tirer de ces tests plus simples à mettre en œuvre pourraient largement dépasser leurs inconvénients....

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