Les sept défis capitaux pour vaincre le Coronavirus

Sociétés

Les valeurs, comme les virus, n'ont pas de passeport. | Handout / US Food and Drug Administration / AFP 

Seul un véritable effort mondial concerté permettra d'éradiquer le Covid-19, par une coordination des mesures d'endiguement et la mutualisation des ressources médicales.

Plusieurs milliards de personnes sont désormais confinées. Les échanges sont à l'arrêt; les économies au point mort. Pour éviter qu'une menace sanitaire ne se transforme en crise politique globale et mortelle, il va falloir relever des défis majeurs, aussi inattendus qu'importants.

En voici sept:

– L'extraordinaire restriction des libertés que constituent le confinement et l'arrêt de toutes les activités fait prendre conscience par la peur de la gravité de l'enjeu. On ne saurait que recommander un usage modéré de ce stratagème.

Toute l'histoire de l'humanité nous rappelle que la peur est mauvaise conseillère et qu'elle peut facilement déborder ses propagateurs. Dans ce registre, on notera d'ailleurs les excès habituels des démagogues qui en réclament toujours plus.

Mais dans une démocratie, peut-on contraindre durablement les citoyens à rester chez eux et à renoncer à la première des libertés, celle d'aller et venir? En utilisant la force?

– L'importance prise par les experts traduit sans doute la dévalorisation regrettable de la parole publique. S'en remettre à eux et leur permettre une expression propre l'accroît dangereusement.

Ils seront vite divisés sur le diagnostic et les remèdes; ils seront vite dépassés par le rôle de coresponsables qu'on veut leur faire jouer. Leur avis doit être pris en compte parmi d'autres considérations.

Il en va de la santé comme du reste. La responsabilité des dirigeants est souvent écrasante. Elle doit être assumée et ne peut, en fait, être partagée qu'avec les citoyens directement.

– La garantie collective ne doit pas exclure la responsabilité individuelle. Au slogan «l'État paiera», que certains Européens ont très vite lancé, s'est opposée une conception vraisemblablement plus résiliente, associant la collectivité et les individus dans la sauvegarde de l'économie, des échanges et de notre modèle.

La déresponsabilisation des citoyens, l'abus du droit de retrait ou du principe de précaution doivent être évités à tout prix, sous peine d'une crise qui engendrera plus de dégâts sociaux encore. S'il est essentiel de protéger les plus exposés, les plus fragiles et les plus vulnérables, les autres doivent accepter leur part de risque.

Souvenons-nous toujours qu'une des promesses –non tenue– des totalitarismes a toujours été le maternage comme réducteur du risque, l'abandon de la responsabilité individuelle au nom de l'intérêt collectif. Nous en connaissons l'issue: la ruine sans libertés.

– Nous vivons un siècle d'émotions. Peut-être en manquons-nous et saisissons-nous toutes les occasions pour vibrer ensemble autour d'une cause partagée. Ce sont toujours des moments d'enthousiasme. Il faudra pourtant se méfier des excès qui obscurcissent le jugement.

À chaque catastrophe, les citoyens s'enflamment pour célébrer le courage de ceux qui sont en première ligne. Après la vague d'attentats de 2015 et 2016, nos héros étaient les forces de l'ordre; après l'incendie de Notre-Dame, c'étaient les pompiers; ce sont souvent nos militaires; aujourd'hui, c'est le corps médical.

Ces institutions emploient des personnes exceptionnelles de compétence, de courage, d'abnégation et de qualités humaines. Faut-il des catastrophes pour s'en rendre compte et leur rendre hommage?

Nos vieilles démocraties, qu'on dit trop souvent fatiguées, sont animées de personnes dévouées, admirables, engagées en faveur de l'intérêt général et souvent prêtes à tout pour venir en aide à leur prochain. L'émotion d'un instant ne doit pas le faire oublier et masquer la nécessité de se penser en tout temps membre et acteur d'une vraie communauté de valeurs partagées.

– Les valeurs, comme les virus, n'ont pas de passeport. Les États européens, comme tous les autres, ont voulu rassurer leurs citoyens en fermant leurs frontières. Cette crise va démontrer qu'ils avaient tort et que cela ne les a protégés de rien, même pas de leur égoïsme! Ce mauvais réflexe est contraire aux règles et à l'esprit de l'Union européenne...

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