Les salariés de GM&S prêts à tout pour sauver leur usine - Le Figaro

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Ils se disent prêts à tout pour sauver leur emploi. Depuis jeudi, les salariés de l'équipementier GM&S Industry à la Souterraine, dans la Creuse, se mobilisent au sein de leur usine de sous-traitance automobile pour éviter la liquidation judiciaire. Une menace qui plane sur eux depuis plusieurs mois et qui les a incités à «piéger» leur manufacture à l'aide de bonbonnes de gaz et à détruire du matériel de production. Tout au long de la nuit de jeudi à vendredi, les salariés se sont relayés sur le pied de guerre. «Nous refusons d'être baladés une minute de plus», a expliqué jeudi un représentant syndical, Vincent Labrousse. Cela fait six mois que l'on se bat, et nous sommes désolés d'en arriver là». Si rien n'est fait, les salariés promettent de ne pas rendre «l'usine intacte».

Pour les 279 salariés du site, cette opération a pour objectif de mettre la pression sur PSA et Renault, leurs principaux clients, afin qu'ils s'engagent à maintenir un volume de commandes suffisant. «Nous avions demandé 40 millions de chiffre d'affaires. Un montant qui permettait de sauvegarder l'effectif actuel du site. Aujourd'hui, Renault nous permet de réaliser 5 millions d'euros de chiffre d'affaires et PSA 11 millions. On est vraiment loin du compte.», explique Yann Augras délégué syndical CGT de GM&S Industry sur le site Là-bas.

L'entreprise, premier employeur de la Creuse, est en redressement judiciaire depuis le 2 décembre dernier. Sous la houlette du gouvernement, la direction de crise négociait depuis plusieurs semaines avec les constructeurs automobiles pour obtenir un engagement ferme. Renaud Le Youdec, négociateur de crise et gestionnaire de transition mis en place par le mandataire judiciaire, a ainsi appelé jeudi ces constructeurs à «prendre leurs responsabilités» pour assurer la pérennité du site, parfaitement viable selon lui.

Les élus locaux en appellent à Emmanuel Macron

Aujourd'hui, près de 280 emplois directs sont en péril. «A l'échelle de la communauté, sur un bassin de 25.000 emplois, ce sont 800 personnes qui sont concernées indirectement. C'est comme si on fermait l'usine PSA Sochaux», explique au Figaro Etienne Lejeune, 1er adjoint à la mairie de la Souterraine et président de la communauté de communes de l'Ouest creusois. «Il faut bien être conscient que si les salariés se retrouvent au chômage, compte de tenu de leur compétence et de la place de l'industrie automobile dans les alentours, on ne pourra rien leur proposer comme emploi similaire», se désole l'élu qui implore le nouveau gouvernement d'Emmanuel Macron de s'occuper de GM&S et ce «dès lundi».

Le premier sous-traitant français de l'emboutissage, GMD, a plusieurs fois montré son intérêt pour le site industriel. Mais l'intersyndicale de GM&S a annoncé mercredi «l'échec des négociations» de l'usine, dont la liquidation risque d'être prononcée le 23 mai. En conséquence, plusieurs actions sont menées par les salariés depuis jeudi matin. Ils ont notamment détruit une presse à l'aide d'un chalumeau et ont écrasé une autre machine-outil dans l'après-midi. «C'est un outil qu'on met sous presse, qui sert à produire les carters de PSA. Ça va être plus que symbolique puisque c'est un outil de production donc il y a un moment où ça va coincer», a expliqué un salarié au journal régional La Montagne.


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